jeudi 18 septembre 2025

"𝑨𝒏𝒐𝒖𝒂𝒓 𝑩𝒆𝒏𝒎𝒂𝒍𝒆𝒌, 𝒖𝒏 𝒎𝒆𝒓𝒗𝒆𝒊𝒍𝒍𝒆𝒖𝒙 𝒓𝒐𝒎𝒂𝒏𝒄𝒊𝒆𝒓 𝒒𝒖'𝒐𝒏 𝒏𝒆 𝒔𝒆 𝒍𝒂𝒔𝒔𝒆 𝒑𝒂𝒔 𝒅𝒆 𝒍𝒊𝒓𝒆, 𝒆𝒏𝒄𝒐𝒓𝒆 𝒆𝒕 𝒕𝒐𝒖𝒋𝒐𝒖𝒓𝒔." (Kɪᴍᴀ Mᴏʀɪ, Aʀᴛs ᴇᴛ Lᴇᴛᴛʀᴇs ᴅᴜ ᴍᴏɴᴅᴇ, sᴇᴘᴛ. 2025)

                             Irina, un opéra russe d’Anouar Benmalek

                                                 
« 𝘌𝘭𝘭𝘦 𝘤𝘩𝘢𝘯𝘵𝘢𝘪𝘵 𝘣𝘪𝘦𝘯, 𝘮𝘢 𝘋𝘢𝘮𝘪𝘭𝘺𝘢. 𝘔𝘢𝘪𝘴 𝘴𝘦𝘶𝘭𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘲𝘶𝘢𝘯𝘥 𝘭'𝘦𝘯𝘷𝘪𝘦 𝘭𝘶𝘪 𝘦𝘯 𝘱𝘳𝘦𝘯𝘢𝘪𝘵. 𝘜𝘯 𝘴𝘰𝘪𝘳 𝘢𝘶𝘵𝘰𝘶𝘳 𝘥𝘶 𝘧𝘦𝘶 𝘱𝘢𝘳 𝘦𝘹𝘦𝘮𝘱𝘭𝘦, 𝘢𝘭𝘰𝘳𝘴 𝘲𝘶𝘦 𝘭𝘢 𝘯𝘦𝘪𝘨𝘦 𝘵𝘰𝘮𝘣𝘢𝘪𝘵 𝘥𝘳𝘶 𝘴𝘶𝘳 𝘭𝘢 𝘺𝘰𝘶𝘳𝘵𝘦 𝘦𝘵 𝘲𝘶𝘦, 𝘯𝘰𝘯 𝘭𝘰𝘪𝘯 𝘥𝘶 𝘤𝘢𝘮𝘱𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵, 𝘶𝘯 𝘭𝘰𝘶𝘱 𝘩𝘶𝘳𝘭𝘢𝘪𝘵 𝘴𝘢 𝘴𝘰𝘭𝘪𝘵𝘶𝘥𝘦 𝘢𝘧𝘧𝘢𝘮𝘦́𝘦... 𝘑𝘦 𝘭'𝘢𝘱𝘱𝘦𝘭𝘢𝘪𝘴 𝘉𝘪𝘣𝘪𝘨𝘶𝘭, 𝘮𝘢 𝘧𝘦𝘮𝘮𝘦, « 𝘳𝘰𝘴𝘴𝘪𝘨𝘯𝘰𝘭 ». 𝘌𝘭𝘭𝘦 𝘦́𝘵𝘢𝘪𝘵 𝘱𝘦𝘳𝘴𝘶𝘢𝘥𝘦́𝘦 𝘲𝘶𝘦 𝘫𝘦 𝘮𝘦 𝘮𝘰𝘲𝘶𝘢𝘪𝘴 𝘥'𝘦𝘭𝘭𝘦, 𝘮𝘢𝘪𝘴, 𝘮𝘰𝘪, 𝘫𝘦 𝘭𝘦 𝘱𝘦𝘯𝘴𝘢𝘪𝘴 𝘷𝘳𝘢𝘪𝘮𝘦𝘯𝘵. »

Anouar Benmalek est un merveilleux romancier franco-algérien qui nous avait ébahi avec son précédent - et dix-septième - roman L'Amour au temps des scélérats, Grand Prix SGDL de fiction. Il est enseignant - chercheur dans une université parisienne.
Russophone, ayant résidé cinq ans dans l'ancienne URSS où il préparait un doctorat en mathématiques, il nous revient en cette rentrée littéraire 2025 avec Irina, un opéra russe. Ce nouveau livre, toujours aussi délectable, nous plonge dans un siècle de l'histoire de la Russie, depuis les années trente jusqu'à aujourd'hui et d'une grande histoire d'amour.
Walid est un étudiant algérien qui travaille à sa thèse en 1978 à Leningrad dans le cadre d'un programme d'échange instauré entre l'Algérie et l'URSS. Il va rencontrer Irina, jeune femme sulfureuse et soprano aux rêves de grandeur, par le plus fortuit des hasards. Il tombe éperdument amoureux d'elle mais dès la première page du roman nous savons qu'il va devoir repartir dans son pays et qu'Irina fera le choix de rester chez elle pour se consacrer à sa raison de vivre : le chant, le désir de devenir une soprano à la grande renommée. Dès le début nous savons aussi qu'en 2022 Walid, alors sexagénaire, veut partir en Russie sur les traces de son amour de jeunesse, Irina. Au fil du roman nous découvrirons ce que l'un et l'autre ont vécu ces quarante années durant et espérerons tout du longs qu'ils finiront par se retrouver.
Mais le roman se tisse aussi, et peut-être surtout, de l'histoire d'un troisième personnage : Vladimir, le grand-père d'Irina. La structure narrative se compose dès lors de trois temps différents qui se relaient tout du long : dans les années 30, en 1978 et en 2022. Pour comprendre le destin de la petite-fille, Irina, il est nécessaire de connaître la vérité sur l'homme qu'a été Vladimir, ce qu'il a vécu et ce qu'il a fait autrefois à l'insu de tous en agissant pour le compte des services secrets staliniens au Kazakhstan.
Irina, un opéra russe nous éclaire sur la Russie d'hier et d'aujourd'hui, notamment les exactions du régime stalinien à l'origine de vingt-cinq millions de morts. Mais tout comme dans son précédent roman, l'auteur instille de la magie dans cette œuvre hautement romanesque. Ici aussi une pointe de réalisme magique, une pincée de l'incroyable des contes et épopées anciennes parsèment l'histoire d'amour. Les réalités historiques dérangeantes, la lucidité sur les devenirs d'un système dont nous connaissons l'actualité s'offrent à nous avec délicatesse, profondeur et douceur. Anouar Benmalek est en effet un merveilleux romancier qu'on ne se lasse pas de lire, encore et toujours.
Irina, un opéra russe d’Anouar Benmalek

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