“𝐈𝐫𝐢𝐧𝐚, 𝐮𝐧 𝐨𝐩𝐞́𝐫𝐚 𝐫𝐮𝐬𝐬𝐞”, 𝐮𝐧𝐞 𝐛𝐞𝐚𝐮 𝐫𝐞́𝐜𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐩𝐚𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐚𝐦𝐨𝐮𝐫𝐞𝐮𝐬𝐞 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥’𝐔𝐑𝐒𝐒 𝐞𝐭 𝐥’𝐀𝐥𝐠𝐞́𝐫𝐢𝐞. Quand Walid, étudiant algérien, rencontre Irina, aspirante soprano, devant le musée de l’Ermitage, c’est le début d’une dense histoire d’amour sur plusieurs décennies, sur fond de turbulences politiques. (𝑝𝑎𝑟 𝐺𝑖𝑙𝑙𝑒𝑠 𝐻𝑒𝑢𝑟𝑒́, 𝑠𝑖𝑡𝑒 𝑑𝑒 𝑇𝑒́𝑙𝑒́𝑟𝑎𝑚𝑎)
Télérama, no. 3947
3 septembre 2025, Gilles Heuré
Irina, un opéra russe
Anouar Benmalek
Lorsqu'en 1978 une jeune femme fantasque s'agrippe à lui pour griller la politesse aux nombreuses personnes qui font la queue devant le musée de l'Ermitage, à Leningrad, Walid, jeune étudiant algérien, ne se rend pas compte tout de suite que l'amour vient de lui tomber dessus. Non pas une simple promesse de liaison, mais une passion qui lui fera dire qu'il est prêt à mourir pour elle. Irina est une jeune soprano promise à un bel avenir à l'opéra, alors que lui prépare une thèse sur Napoléon en Égypte. Ce roman d'Anouar Benmalek, mathématicien dans une université parisienne, qui a longtemps vécu en URSS, est le récit d'une fusion amoureuse qui s'étire sur plusieurs décennies. Irina verra sa vocation contrariée par les turbulences politiques de l'URSS ; et Walid poursuivra une carrière d'historien, elle aussi perturbée par les violences politiques en Algérie. Les amants seront séparés longtemps, mais la volonté de retrouver Irina ne faiblira pas chez Walid — même lorsqu'un policier algérien lui dira, tout en le tabassant : « L'espérance est la mère des imbéciles… »
D'autres protagonistes, aussi denses les uns que les autres, accompagnent cette histoire : Vladimir, le grand-père d'Irina, jeune agent du NKVD dans les années 1930, confronté à l'épouvantable famine au Kazakhstan après avoir été prisonnier en France pendant la Première Guerre mondiale ; Tamara, l'amie fidèle et mystérieuse des deux amants ; Sacha, le compagnon de Walid qui s'accommode de la vie en URSS grâce à une bonne dose de cynisme. Avec eux aussi, dans ce grand pays dont les habitants, toujours menacés par les purges soudaines et implacables, se disent « immensément fiers d'être russes, profondément malheureux de l'être », les grands auteurs, Pouchkine, Dostoïevski, Mandelstam, Tchekhov ou Akhmatova, témoins littéraires de la violence des sentiments qui fortifient ou broient les individus.
| Éd. Emmanuelle Collas, 482 p., 22,90 €.
3 septembre 2025, Gilles Heuré
Irina, un opéra russe
Anouar Benmalek
--------------------------------
𝐓𝐓𝐓Lorsqu'en 1978 une jeune femme fantasque s'agrippe à lui pour griller la politesse aux nombreuses personnes qui font la queue devant le musée de l'Ermitage, à Leningrad, Walid, jeune étudiant algérien, ne se rend pas compte tout de suite que l'amour vient de lui tomber dessus. Non pas une simple promesse de liaison, mais une passion qui lui fera dire qu'il est prêt à mourir pour elle. Irina est une jeune soprano promise à un bel avenir à l'opéra, alors que lui prépare une thèse sur Napoléon en Égypte. Ce roman d'Anouar Benmalek, mathématicien dans une université parisienne, qui a longtemps vécu en URSS, est le récit d'une fusion amoureuse qui s'étire sur plusieurs décennies. Irina verra sa vocation contrariée par les turbulences politiques de l'URSS ; et Walid poursuivra une carrière d'historien, elle aussi perturbée par les violences politiques en Algérie. Les amants seront séparés longtemps, mais la volonté de retrouver Irina ne faiblira pas chez Walid — même lorsqu'un policier algérien lui dira, tout en le tabassant : « L'espérance est la mère des imbéciles… »
D'autres protagonistes, aussi denses les uns que les autres, accompagnent cette histoire : Vladimir, le grand-père d'Irina, jeune agent du NKVD dans les années 1930, confronté à l'épouvantable famine au Kazakhstan après avoir été prisonnier en France pendant la Première Guerre mondiale ; Tamara, l'amie fidèle et mystérieuse des deux amants ; Sacha, le compagnon de Walid qui s'accommode de la vie en URSS grâce à une bonne dose de cynisme. Avec eux aussi, dans ce grand pays dont les habitants, toujours menacés par les purges soudaines et implacables, se disent « immensément fiers d'être russes, profondément malheureux de l'être », les grands auteurs, Pouchkine, Dostoïevski, Mandelstam, Tchekhov ou Akhmatova, témoins littéraires de la violence des sentiments qui fortifient ou broient les individus.
| Éd. Emmanuelle Collas, 482 p., 22,90 €.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire