jeudi 15 janvier 2026

"Irina, un opéra russe", de Anouar Benmalek: texte de l'interview de Radio Orient (7 oct 2025)

 

 


 Irina, un opéra russe, de Anouar Benmalek

UN OUVRAGE UN ECLAIRAGE, Radio Orient

avec F-X de Calonne,  07 10 2025

 

Anouar Benmalek : un roman suspendu aux portes de la guerre

 

F-X de Calonne  :  Un ouvrage, un éclairage. Vous êtes bien sur Radio Orient, "Un ouvrage, un éclairage". Notre invité, le grand romancier Anouar Benmalek. Bonjour.

Anouar Benmalek : Bonjour, merci de m'inviter.

R.O : Soyez le bienvenu ici à Radio Orient. Vous venez de publier Irina, un opéra russe, un ouvrage édité par Emmanuelle Collas. Walid, étudiant algérien, rencontre Irina, aspirante soprano, une rencontre devant le musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg. Irina feint d'être en couple avec Walid ; résultat : ils passent devant tout le monde, et cela les marquera jusqu'à la fin de votre roman. Et c'est le début d'une longue histoire d'amour, une histoire aussi sur fond de turbulences politiques. Et lorsqu'on parcourt votre roman, que vous avez choisi d'intituler Irina, un opéra russe, on retrouve l'opéra.

A.B: Cet ouvrage, en réalité, j'y pense depuis  un peu plus de 30 ans. Mon premier roman, Ludmila ou le violon à la mort lente, publié en 1986 à Alger,  était déjà un roman sur la Russie. Je dois signaler au passage que j'avais passé auparavant cinq ans en URSS, où j’avais préparé et soutenu une thèse de mathématiques. À mon retour, j'ai écrit ce roman, mon tout premier, qui aura une durée de vie en librairie de moins de dix jours.

R.O : Merci à l'ambassade de l'URSS !

A.B: Exactement. D’autant plus surprenant que c'était à l'époque supposée plus tolérante de Gorbatchev...  Cette intervention de l’ambassade soviétique  s'explique par le fait  que le livre avait été publié par une entreprise d'État et que les Russes en avaient déduit  que le pouvoir algérien montrait par cette autorisation de publication (celle de mon roman)  sa volonté de distendre les liens avec la Russie. Pensez donc, moi qui n’étais qu'un jeune étudiant rentrant au pays à la fin de ses études causant des maux de tête à des stratèges soviétiques… Depuis, du temps a passé et j'ai voulu revenir à cette époque russe qui  a été fondatrice pour moi. Pourquoi ? Quand le jeune provincial de  Constantine que j'étais à l'époque se retrouve en Russie, il va avoir rapidement  le béguin pour une jeune femme. Et que fait un jeune homme, qui n’est que mathématicien, quand il est en face de la dame de son cœur et que celle-ci lui apprend qu'elle fait de la peinture artistique, qu'elle parle le sanskrit, qu'elle pratique la photo artistique, etc. ? Et bien, il réagit comme tout le monde à son âge : il se met à écrire des poèmes, de mauvais poèmes au début. Et puis, il  passe aux nouvelles et, ensuite, il se risque dans l'enfer et le paradis du roman…

R.O : Et il obtient des prix, etc., etc.

A.B: L'ironie de la chose, c'est que cette dame-là était en fait une parfaite mythomane. Elle n'avait jamais fait de photo artistique, ne parlait pas le sanskrit, etc. Mais je lui demeure profondément reconnaissant parce qu'elle m'a permis de sauter le pas. L'URSS a été pour moi quelque chose de fondamental. C'est un pays étrange, dont la fille de Staline confiait la chose suivante : "Mon si merveilleux et si terrible pays". Tout est vrai de ce qu'on a dit sur l'URSS, sur la Russie, mais il n'y avait pas, il n’y a pas que ça. C'est un pays où les pires exactions ont pu avoir lieu, mais c'est aussi un pays capable de réunir un stade entier de gens désireux d'écouter un poète ! Là-bas, j'ai découvert la musique classique, l'opéra dont je suis devenu raide dingue. Des sentiments  contradictoires qu'on peut nourrir sur un pays comme la Russie, j'ai tenté d'en tirer un opéra. Un opéra, c'est certes  quelque chose de très artificiel, où les gens se déclarent leur amour en moins de cinq minutes, et puis à la fin meurent. Mais dans "mon" opéra, j'ai également  tenté d’y inclure  des découvertes surprenantes, certaines terribles, que j'ai accumulées au cours du long travail de préparation. Moi, Algérien, j'ignorais par exemple que les Russes...

R.O : La situation au Kazakhstan, c'est ce dont vous allez nous parler ?

A.B: Entre autres, mais pas uniquement. La plupart des Russes envoyés de force par le Tsar se battre en France contre les Allemands pendant la Première Guerre mondiale avaient refusé de continuer le combat après la chute de l’empire tsariste. Pour punir les soldats rebelles, les autorités françaises les avaient envoyés croupir dans des bagnes situés… en  Algérie. L'Algérien que je suis et qui se croyait à peu près instruit de l'histoire de son pays entendait parler de cette histoire-là pour la première fois! La seconde découverte que j'ai faite en travaillant sur ce roman  a été l'ampleur de l’épouvantable famine provoquée par Staline au Kazakhstan, qui s’était révélée plus meurtrière, relativement à la population, que celle qui a ravagé l’Ukraine à la même époque. Dans mon livre, j'ai voulu montrer ce que pouvait signifier la Russie pour les habitants de ce pays — pour ces Russes profondément fiers d'être Russes et terriblement malheureux de l'être. Dans un sens, je suis comme eux :  j’aime ce pays tout autant qu’il m’effraie. Aimer, voilà, le mot est dit.

R.O : C'est un livre que vous avez commencé à écrire avant l'agression russe, vous qui êtes un amoureux à la fois de la Russie et de l'Ukraine.

A.B: Oui, j'ai passé plusieurs années à Kiev. Je pense connaître un tout petit peu l’Ukraine – à la vérité,  on ne connaît jamais bien un pays quand on n'y vit pas toute sa vie — et encore ! J'ai maudit Poutine quand il a envahi l'Ukraine pour des raisons politiques d’abord, bien entendu, mais aussi parce que j'avais déjà commencé la rédaction de mon livre quelques mois auparavant. J'ai donc décidé que l’histoire que raconterait mon roman se terminerait précisément  la veille même de l'invasion russe de l'Ukraine.

R.O : L'histoire prend fin juste à ce moment-là. L'histoire prend fin, d’ailleurs, avec un rêve. Le rêve est très présent dans votre roman.

A.B: Dois-je vous avouer que c'est en fait un rêve que j'ai réellement  fait qui a décidé de l'architecture et de la philosophie  de mon roman et, en particulier, de la manière dont le temps y est traité? Un jour, donc, je suis en train de dormir, et je me réveille en sursaut d’un horrible cauchemar où je m’étais retrouvé, allez savoir pourquoi, dans un hôtel en Crimée.  C'était un rêve tactile avec des sensations extrêmement  physiques, où des inconnus patibulaires et très déterminés se proposaient ni plus ni moins que de nous assassiner, moi et la dame qui se trouvait avec moi. Je me suis réveillé avec une sensation d’horreur,  je suis allé à la cuisine et je n'ai plus voulu me rendormir tellement  je craignais de sombrer de nouveau  dans ce hideux cauchemar. Pour rester éveillé, j'ai retranscrit immédiatement  ce rêve — il  occupera par la suite une place importante dans mon roman, décidant quasiment  de sa structure.

R.O : C'est amusant de vous entendre parler, on a presque l'impression d'entendre Walid lorsqu'il écrit et lorsqu'il décrit ses rêves —  Walid, le héros de ce roman.

A.B: Il y a quelques jours, j'ai eu une interview où l'intervieweur m'a tout le temps appelé Walid. Ce qui était assez amusant…

R.O : Qu'est-ce qui vous sépare tous les deux ? Je rappelle que Walid est le héros de ce roman, Irina, un opéra russe.

A.B: Quand vous travaillez sur un livre portant  sur un pays aussi  prenant que la Russie, vous y engagez forcément une part non négligeable de vous-même. Exemple de cette imbrication entre votre réalité et la fiction :  la scène de l'Ermitage qui ouvre le livre, elle, est bien réelle.

R.O : Ça, vous l'avez vécue ? Une femme qui est venue vers vous, qui vous a pris par le bras pour passer devant tout le monde ?

A.B: Exactement ! Après, soyons honnêtes, il n'y a pas eu de suite « romanesque » telle que celle que je déroule dans mon récit… Cette scène devant l’Ermitage, qui est le point de départ  de tout le livre, fait partie des choses que je n'ai pas eu à inventer, même si elle  peut sembler peu crédible. En fait, nous le savons tous, la vie réelle se moque de toute crédibilité.

R.O : C'est aussi pour ça que vous mettez en avant le rêve, qui encore une fois est très présent dans cet ouvrage. Dans votre premier roman, Ludmila,  ce fameux roman qui n'a pas fait long feu, le personnage principal était une violoniste. Et dans ce dernier roman, le personnage clé est une chanteuse d'opéra. Est-ce que l'opéra, comme la vie, se termine mal ? La vie  se termine forcément mal par la mort, mais, entre-temps, en tout cas c'est ce à quoi nous aspirons, il y a l'amour.

A.B: Oui, dans le livre, un aspect important est celui du travail sur le temps. Comme tout un chacun, je me suis toujours demandé : qu'est-ce qui se serait passé si... ? Qu'est-ce qui se serait passé si tel événement avait été changé pour tel autre ?

R.O : Ça, vous l'écrivez même.

A.B: Cette question est cruciale dans la construction du livre. De même, comme je suis au fond assez  « fleur bleue », tous mes livres comportent des histoires d'amour. Mais mes histoires d'amour se produisent  toujours dans des contextes très compliqués. En ce qui me concerne,  l'un, le contexte, ne va pas sans l'autre, l’histoire d’amour : en effet, vous rendez-vous compte de ce que cela signifierait comme fardeau mental  de travailler trois ou quatre ans sur un roman où tout ne serait que malheur ? Cela serait insupportable et pour l'auteur et pour le lecteur. Introduire une histoire d'amour donne une respiration vitale au roman. Même quand à la fin tout semble se diriger vers la catastrophe finale, je laisse en règle générale, parce que c'est aussi ce que mon moi profond exige, une possibilité, même infime, que les choses aillent mieux. En définitive, comme mes fins de roman sont le plus souvent ambiguës, c'est au lecteur, en quelque sorte, de faire marcher son imagination et de décider s’il veut que « ça se passe bien » ou non. Comme de bien entendu, mes livres  comportent quelques exceptions à cette règle...

R.O : Contrairement à la vie, là vous connaissiez la fin lorsque vous l'écriviez, c'est une des grandes différences. Vous soulignez que l'opéra est passé d'un art artificiel à un art majeur. Ça aussi c'est important.

A.B: Pourquoi l’opéra est-il artificiel ? Imaginez cette scène (dans la Bohème, par exemple)  où la soprano en train de mourir a encore beaucoup de voix et chante merveilleusement et avec la puissance d’une soprano qu'elle est en train de quitter ce bas monde. C’est évidemment pour le moins artificiel. Mais en même temps, c'est cela même qui fait la beauté et la richesse  de l’opéra. Rien de plus artificiel que la poésie, également, de même que la danse de ballet et beaucoup d’autres activités dites artistiques. Tous ces arts-là ne sont ni naturels ni nécessaires, mais il arrive fréquemment, dans l’histoire de l’humanité, que  ce qui ne lui est pas « naturel » ni « nécessaire » à  sa survie physique s’avère en réalité  absolument indispensable à sa survie spirituelle. Parce que, sinon, si nous étions réduits exclusivement à notre part biologique, alors nous ne serions pas devenus cette créature extraordinaire qu’est l’homo sapiens. Nous avons besoin de choses aussi artificielles que l'opéra, de ses voix extraordinaires, de ses sentiments exaspérés et   exacerbés, bref, de  tout ce qui concoure à faire de l’opéra un art unique. On aime ou on n'aime pas l’opéra, mais si vous tombez dedans, c'est comme pour Obélix, vous n'en sortez plus.

R.O : Vous êtes un scientifique dans votre vie professionnelle, Anouar Benmalek, et, dans vos ouvrages, on comprend que vous essayez parfois d'expliquer, de raconter ou de faire ressentir l'inexplicable. Ce que l'on ne peut pas démontrer scientifiquement.

A.B: Notre malheur — et notre bénédiction — est que nous  sommes la seule espèce vraiment intelligente. Cette intelligence peut être vécue comme un fardeau parce que notre vie est courte et nous n'ignorons pas, grâce à nos facultés cérébrales, que notre mort est inévitable. Depuis la nuit des temps, nous tentons fébrilement  de trouver des raisons à cette tragédie de l'existence. La science est une des possibilités d’expliquer notre déchirante présence dans l'univers. Elle n'y réussit pas, évidemment; aucune autre approche n'y réussit d’ailleurs. En fin de compte, nous restons tous bouche bée devant l'immensité des interrogations qui se dressent devant nous : pourquoi sommes-nous sur cette terre et pourquoi bénéficions-nous d'une telle intelligence si l'on dispose d'aussi peu de temps pour y vivre ? Comme disait le poète, il est déjà trop tard dès que l'on commence vraiment à comprendre. Le roman, c'est une tentative de construire une espèce de religion personnelle. On se dit : le temps du labeur sur ce roman, je vais tenter de trouver une raison « suffisante » de vivre. C’est ce que je ressens  quand je suis en train d'écrire un livre : ma vie est «  justifiée »... Quand je termine un roman et que je ne suis plus sous la sujétion de cette étrange  pulsion d’imaginer des existences pour des êtres de papier, s’ensuit, par voie de conséquence, une période désagréable, semblable au post-partum des femmes quand elles mettent au monde un enfant. Je ne manque pas alors de m’interroger avec une sorte d’amertume : à quoi donc ont  servi  ces deux ou trois années si irremplaçables dépensées à écrire si c’est seulement  pour aboutir à ce mince parallélépipède de papier doté d’un titre et d’une quatrième de couverture  ? C’est à cause de cela, je vous assure, que je n'aspire  plus alors qu'à une chose : retomber bien vite dans l'esclavage de l'écriture.

R.O : Il vous faut combien de temps pour retomber dans cet esclavage ?

A.B: Ça dépend des histoires, des sujets de roman. Là, par exemple, après ce livre sur la Russie, qu'est-ce qui pourrait être, pour moi, au niveau de ce thème ? Heureusement que je ne vis pas financièrement de l'écriture. Sinon, je serais obligé d'écrire chaque année un nouveau livre... Mon père m’aurait probablement  tancé avec raison : "Décroche tes diplômes d'abord afin de remplir ton frigo ; écris ensuite si tu ne peux t’en passer ! » Il faut du temps pour commencer un nouveau roman et, même alors, vous n'êtes jamais sûr d'avoir choisi le bon sujet. Il m'est arrivé, et  pas une seule fois, de me lancer durant des mois dans un travail important de documentation, de prendre d’innombrables notes, etc., pour  découvrir,  le jour où je me résous finalement à taper "Chapitre Un" en haut de la première page de mon manuscrit, que le livre ne se fera pas — parce que, par exemple,  la « doc » consultée était plus belle que toute fiction que j'aurais été capable d’en tirer. Rien n'est jamais donné dans ce domaine.

R.O : Il y a une part de vous évidemment dans chaque roman. C'est aussi le cas, par exemple, dans Le Rapt, qui a été publié, je crois, il y a une quinzaine d'années si ma mémoire est bonne. C'était très différent, là c'était plus votre côté franco-algérien qui ressortait.

A.B: Oui, parce qu'en réalité j'écris sur toutes les questions qui à un moment m'ont habité. Quand on est franco-algérien, il est évident que le fait d'être Algérien et d'être Français en même temps est un gros « problème » !

R.O : Encore une fois il y avait une dualité.

A.B: Oui, oui, une dualité importante. D'autant qu'on le voit actuellement, la question franco-française  est encore terriblement d'actualité...

R.O : Franco-algérienne, vous avez fait un joli lapsus.  On va terminer avec ce lapsus. Anouar Benmalek, un grand merci. Vous venez de publier Irina, un opéra russe édité par Emmanuel Collas. Alors, si vous voulez aller à l'opéra pendant plus d'une vingtaine d'heures, il suffit d'acheter cet ouvrage, ça vous coûtera 22,90 € et ce n'est pas cher pour une place d'opéra. Un grand merci Anouar Benmalek. Merci à vous, chers auditeurs, et excellente suite de programmes à l'écoute de Radio Orient.

 


Note: ce texte est la transcription de l'interview réalisée par F-X de Calonne sur Radio Orient,  le 07 10 2025. Pour faciliter la lecture, le contenu en a été légèrement édité.

L'adresse de l'interview:

https://www.radioorient.com/anouar-benmalek-un-roman-suspendu-aux-portes-de-la-guerre

lundi 12 janvier 2026

L'Amour au temps des scélérats: une œuvre fascinante qu’on ne parvient pas à lâcher (Mare Nostrum, 6 sep 2021)


L’amour au temps des scélérats – Anouar Benmalek

JP. Guirado, Mare Nostrum, 06/09/2021






    Certains livres sont si vastes qu’ils ne peuvent se réduire en quelques mots. Le souffle impétueux qui les traverse ne tolère pas le carcan du résumé. C’est le cas de “L’amour au temps des scélérats”, le nouveau roman de l’auteur franco-algérien Anouar Benmalek. Le titre évoque d’emblée Gabriel García-Marquez, grande figure du réalisme magique latino-américain. L’œuvre se place en effet dans cette filiation littéraire, transposée dans le cadre du Proche-Orient en guerre.


    Réaliste, l’œuvre l’est dans sa description fidèle du quotidien des jihadistes enrôlés dans les troupes de l’État Islamique. Le lecteur découvre de l’intérieur le fonctionnement d’un camp d’entraînement en Syrie, l’endoctrinement des hommes issus de pays et de milieux variés, mais tous unis par la même foi extrémiste, la même soumission aveugle à un Califat autoproclamé, qui entend imposer partout sa loi. Toutes les facettes de la barbarie sont évoquées : les exécutions de prisonniers filmées à des fins de propagande, les viols, les pillages, les camps d’enfants arrachés à leurs familles et dont on lave le cerveau pour en faire des apprentis kamikazes. La force du roman est de ne pas alourdir la narration par des jugements de valeurs superflus. Les faits, les dialogues, sont présentés avec une neutralité glaçante, comme une caméra de documentariste transcrivant fidèlement les actes et les paroles de chacun des personnages. Ce choix narratif qui laisse le lecteur seul face à l’innommable se révèle la plus efficace des dénonciations.


    Magique, l’œuvre l’est également avec l’énigmatique Tammouz, diable plein d’humanité qui erre depuis des millénaires sur ces terres désertiques et bouscule la vie de ceux dont il croise la route. Il a aimé une femme dans les temps antédiluviens et ne s’est jamais remis de sa perte ; rencontré Abraham qu’il a cherché à dissuader de sacrifier son propre fils. En sauvant la belle Houda, sur le point d’être lapidée pour avoir eu des relations avec son amant en dehors du mariage, il s’apprête une fois de plus à modifier le cours du destin.


    Roman choral où se croisent de nombreux personnages, “L’amour au temps des scélérats” est une œuvre fascinante qu’on ne parvient pas à lâcher tant elle vibre d’une sensibilité rare. Elle brosse un tableau saisissant de la Syrie actuelle et des conflits politiques et religieux qui la soulèvent. On observe tour à tour les combattants de Daech, et les soldats engagés dans les Unités de Protection du Peuple dont fait partie Adams, un Indien Iakota qui s’est porté volontaire aux côtés des unités kurdes. Pour l’Américain :

        Ce pays est encore plus indéchiffrable que dans ses pires cauchemars : les enragés de l’État Islamique se battent contre le régime de Damas et contre toutes les autres milices, islamistes en particulier, sans excepter Al-Qaïda ; les chiites alaouites se battent contre les sunnites de tous bords ; les Kurdes désunis luttent contre Daech, contre les Turcs et, parfois, contre – ou avec selon le jour de la semaine – le régime de Damas ; les Russes soutiennent le régime en bombardant les rebelles, barbus ou non, sans épargner les civils […] Quelqu’un s’est déjà payé sa tête : “Si tu crois avoir compris la situation de cet impossible pays, c’est qu’on te l’a mal expliquée !”

    Au milieu de cet enfer où la mort est présente à tous les carrefours, il n’est pas facile de mener une existence tranquille, notamment lorsqu’on est issue d’une minorité religieuse comme c’est le cas pour les Yézidis. Zayélé, une mère de famille originaire de Damas ne se verra épargner aucune humiliation. En décrivant cette trajectoire tragique, l’auteur offre un magnifique portrait de femme qui vient s’ajouter à une extraordinaire galerie de caractères. Par sa plume pleine d’humanité, Anouar Benmalek confirme ainsi ce qui fait la marque des grands romanciers : savoir peindre des personnages inoubliables que l’on quitte avec un pincement de regret une fois refermée la dernière page.

    À la frontière entre Turquie et Syrie se présente Tammouz, un étrange candidat au djihad. Parti à la recherche de la femme qu’il a aimée, il rencontre Zayélé, adepte d’une vieille religion, Adams, engagé avec le Kurde Ferhat dans les forces démocratiques qui se battent contre Daech, ou encore Houda, apprentie artiste, et son amant Yassir, tous deux en fuite.

Jean-Philippe GUIRADO
articles@marenostrum.pm

Benmalek, Anouar, “L’amour au temps des scélérats, Editions Emmanuelle Collas, 27/08/2021, 1 vol. (443 p.), 20€, Epub : 12,99€



https://marenostrum.pm/lamour-au-temps-des-scelerats-anouar-benmaleck/

vendredi 26 décembre 2025

« 𝐀𝐧𝐨𝐮𝐚𝐫 𝐁𝐞𝐧𝐦𝐚𝐥𝐞𝐤: 𝐋𝐞𝐬 𝐫𝐞̂𝐯𝐞𝐬 𝐦𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐞𝐧𝐭 𝐝'𝐞̂𝐭𝐫𝐞 𝐯𝐞́𝐜𝐮𝐬. » (Irina, un opéra russe)

                                                     𝐑𝐚𝐝𝐢𝐨 𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐈𝐧𝐭𝐞𝐫𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥𝐞



« 𝐀𝐧𝐨𝐮𝐚𝐫 𝐁𝐞𝐧𝐦𝐚𝐥𝐞𝐤: 𝐋𝐞𝐬 𝐫𝐞̂𝐯𝐞𝐬 𝐦𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐞𝐧𝐭 𝐝'𝐞̂𝐭𝐫𝐞 𝐯𝐞́𝐜𝐮𝐬. »

𝑇𝑟𝑎𝑛𝑠𝑐𝑟𝑖𝑝𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒 𝑙’𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒𝑡𝑖𝑒𝑛 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝐴𝑛𝑜𝑢𝑎𝑟 𝐵𝑒𝑛𝑚𝑎𝑙𝑒𝑘
𝑝ᴀʀ 𝑇ɪʀᴛʜᴀɴᴋᴀʀ 𝐶ʜᴀɴᴅᴀ, 𝐶𝐻𝐸𝑀𝐼𝑁𝑆 𝐷'𝐸́𝐶𝑅𝐼𝑇𝑈𝑅𝐸, 𝑅𝐹𝐼, 21/12/2



𝙍𝙁𝙄 : 𝙱𝚘𝚗𝚓𝚘𝚞𝚛 𝙰𝚗𝚘𝚞𝚊𝚛 𝙱𝚎𝚗𝚖𝚊𝚕𝚎𝚔. 𝚅𝚘𝚒𝚌𝚒 𝚌𝚒𝚗𝚚 𝚚𝚞𝚎𝚜𝚝𝚒𝚘𝚗𝚜 𝚊̀ 𝚕'𝚘𝚌𝚌𝚊𝚜𝚒𝚘𝚗 𝚍𝚎 𝚕𝚊 𝚜𝚘𝚛𝚝𝚒𝚎 𝚍𝚎 𝚟𝚘𝚝𝚛𝚎 𝚛𝚘𝚖𝚊𝚗, 𝑰𝒓𝒊𝒏𝒂, 𝒖𝒏 𝒐𝒑𝒆́𝒓𝒂 𝒓𝒖𝒔𝒔𝒆. 𝙿𝚛𝚎𝚖𝚒𝚎̀𝚛𝚎 𝚚𝚞𝚎𝚜𝚝𝚒𝚘𝚗 : 𝚌𝚘𝚖𝚖𝚎𝚗𝚝 𝚎̂𝚝𝚎𝚜-𝚟𝚘𝚞𝚜 𝚟𝚎𝚗𝚞 𝚊̀ 𝚕'𝚎́𝚌𝚛𝚒𝚝𝚞𝚛𝚎 ?
𝘼𝙣𝙤𝙪𝙖𝙧 𝘽𝙚𝙣𝙢𝙖𝙡𝙚𝙠 : 𝙹𝚎 𝚙𝚛𝚎́𝚙𝚊𝚛𝚊𝚒𝚜 𝚞𝚗𝚎 𝚝𝚑𝚎̀𝚜𝚎 𝚍𝚎 𝚖𝚊𝚝𝚑𝚎́𝚖𝚊𝚝𝚒𝚚𝚞𝚎𝚜 𝚊̀ 𝚕'𝚞𝚗𝚒𝚟𝚎𝚛𝚜𝚒𝚝𝚎́ 𝚍𝚎 𝙺𝚒𝚎𝚟. 𝙹'𝚊𝚒 𝚙𝚊𝚜𝚜𝚎́ 𝚌𝚒𝚗𝚚 𝚊𝚗𝚜 𝚎𝚗𝚝𝚛𝚎 𝙺𝚒𝚎𝚟, 𝙾𝚍𝚎𝚜𝚜𝚊, 𝙼𝚘𝚜𝚌𝚘𝚞 𝚎𝚝 𝙻𝚎𝚗𝚒𝚗𝚐𝚛𝚊𝚍. 𝙼𝚊𝚒𝚜 𝚎𝚗 𝚖𝚎̂𝚖𝚎 𝚝𝚎𝚖𝚙𝚜, 𝚙𝚊𝚛𝚌𝚎 𝚚𝚞𝚎 𝚓'𝚊𝚟𝚊𝚒𝚜 𝚎𝚞 𝚕𝚎 𝚋𝚘𝚗𝚑𝚎𝚞𝚛/𝚖𝚊𝚕𝚑𝚎𝚞𝚛 𝚍𝚎 𝚝𝚘𝚖𝚋𝚎𝚛 𝚊𝚖𝚘𝚞𝚛𝚎𝚞𝚡, 𝚓'𝚊𝚒 𝚍𝚎́𝚌𝚘𝚞𝚟𝚎𝚛𝚝 𝚚𝚞𝚎 𝚕𝚊 𝚜𝚎𝚞𝚕𝚎 𝚖𝚊𝚗𝚒𝚎̀𝚛𝚎 𝚍𝚎 𝚙𝚕𝚊𝚒𝚛𝚎 𝚊̀ 𝚞𝚗𝚎 𝚋𝚎𝚕𝚕𝚎, 𝚌'𝚎́𝚝𝚊𝚒𝚝 𝚍'𝚎́𝚌𝚛𝚒𝚛𝚎 𝚍𝚎𝚜 𝚙𝚘𝚎̀𝚖𝚎𝚜. 𝙰𝚕𝚘𝚛𝚜 𝚓'𝚊𝚒 𝚌𝚘𝚖𝚖𝚎𝚗𝚌𝚎́ 𝚙𝚊𝚛 𝚎́𝚌𝚛𝚒𝚛𝚎 𝚍𝚎 𝚖𝚊𝚞𝚟𝚊𝚒𝚜 𝚙𝚘𝚎̀𝚖𝚎𝚜, 𝚎𝚗𝚜𝚞𝚒𝚝𝚎 𝚓𝚎 𝚜𝚞𝚒𝚜 𝚙𝚊𝚜𝚜𝚎́ 𝚊̀ 𝚍𝚎𝚜 𝚗𝚘𝚞𝚟𝚎𝚕𝚕𝚎𝚜, 𝚎𝚝 𝚙𝚞𝚒𝚜 𝚊𝚙𝚛𝚎̀𝚜, 𝚌𝚘𝚖𝚖𝚎 𝚘𝚗 𝚍𝚒𝚝 𝚎𝚗 𝙰𝚕𝚐𝚎́𝚛𝚒𝚎, 𝚚𝚞𝚊𝚗𝚍 𝚟𝚘𝚞𝚜 𝚖𝚎𝚝𝚝𝚎𝚣 𝚕𝚎 𝚍𝚘𝚒𝚐𝚝 𝚍𝚊𝚗𝚜 𝚞𝚗 𝚙𝚘𝚝 𝚍𝚎 𝚖𝚒𝚎𝚕, 𝚟𝚘𝚞𝚜 𝚗𝚎 𝚙𝚘𝚞𝚟𝚎𝚣 𝚙𝚕𝚞𝚜 𝚟𝚘𝚞𝚜 𝚊𝚛𝚛𝚎̂𝚝𝚎𝚛… 𝙴𝚝 𝚍𝚘𝚗𝚌, 𝚓𝚎 𝚜𝚞𝚒𝚜 𝚙𝚊𝚜𝚜𝚎́ 𝚊𝚞 𝚛𝚘𝚖𝚊𝚗. 𝚅𝚘𝚒𝚕𝚊̀ : 𝚓'𝚎́𝚝𝚊𝚒𝚜 𝚙𝚊𝚛𝚝𝚒 𝚖𝚊𝚝𝚑𝚎́𝚖𝚊𝚝𝚒𝚌𝚒𝚎𝚗 𝚎𝚝, 𝚙𝚊𝚛 𝚘𝚙𝚙𝚘𝚛𝚝𝚞𝚗𝚒𝚜𝚖𝚎 𝚊𝚖𝚘𝚞𝚛𝚎𝚞𝚡, 𝚓𝚎 𝚜𝚞𝚒𝚜 𝚛𝚎𝚟𝚎𝚗𝚞 𝚖𝚊𝚝𝚑𝚎́𝚖𝚊𝚝𝚒𝚌𝚒𝚎𝚗 𝚎𝚝 𝚊𝚙𝚙𝚛𝚎𝚗𝚝𝚒 𝚛𝚘𝚖𝚊𝚗𝚌𝚒𝚎𝚛.

𝙍𝙁𝙄 : 𝚀𝚞𝚎𝚕 𝚛𝚘̂𝚕𝚎 𝚕𝚊 𝚍𝚎́𝚌𝚘𝚞𝚟𝚎𝚛𝚝𝚎 𝚍𝚎 𝚕𝚊 𝚁𝚞𝚜𝚜𝚒𝚎 𝚜𝚘𝚟𝚒𝚎́𝚝𝚒𝚚𝚞𝚎 𝚍𝚊𝚗𝚜 𝚕𝚎𝚜 𝚊𝚗𝚗𝚎́𝚎𝚜 𝟷𝟿𝟽0 𝚎𝚝 𝚌𝚎𝚕𝚕𝚎 𝚍𝚎 𝚕𝚊 𝚐𝚛𝚊𝚗𝚍𝚎 𝚕𝚒𝚝𝚝𝚎́𝚛𝚊𝚝𝚞𝚛𝚎 𝚛𝚞𝚜𝚜𝚎 𝚘𝚗𝚝-𝚎𝚕𝚕𝚎𝚜 𝚓𝚘𝚞𝚎́ 𝚍𝚊𝚗𝚜 𝚟𝚘𝚝𝚛𝚎 𝚟𝚘𝚌𝚊𝚝𝚒𝚘𝚗 𝚍'𝚎́𝚌𝚛𝚒𝚟𝚊𝚒𝚗 ?
𝘼𝙣𝙤𝙪𝙖𝙧 𝘽𝙚𝙣𝙢𝙖𝙡𝙚𝙠 : 𝙲𝚎 𝚙𝚊𝚢𝚜 𝚎𝚜𝚝 𝚐𝚛𝚊𝚗𝚍𝚒𝚘𝚜𝚎, 𝚎𝚡𝚝𝚛𝚊𝚘𝚛𝚍𝚒𝚗𝚊𝚒𝚛𝚎 𝚙𝚊𝚛 𝚝𝚘𝚞𝚜 𝚕𝚎𝚜 𝚊𝚜𝚙𝚎𝚌𝚝𝚜 : 𝚙𝚊𝚛 𝚜𝚊 𝚋𝚎𝚊𝚞𝚝𝚎́, 𝚜𝚘𝚗 𝚒𝚖𝚖𝚎𝚗𝚜𝚒𝚝𝚎́, 𝚜𝚊 𝚕𝚒𝚝𝚝𝚎́𝚛𝚊𝚝𝚞𝚛𝚎, 𝚎𝚝 𝚊𝚞𝚜𝚜𝚒 𝚙𝚊𝚛 𝚕'𝚎́𝚝𝚎𝚗𝚍𝚞𝚎 𝚍𝚎𝚜 𝚌𝚛𝚒𝚖𝚎𝚜 𝚚𝚞𝚒 𝚘𝚗𝚝 𝚙𝚞 𝚎̂𝚝𝚛𝚎 𝚌𝚘𝚖𝚖𝚒𝚜 𝚙𝚘𝚞𝚛 𝚏𝚊𝚒𝚛𝚎 𝚗𝚊𝚒̂𝚝𝚛𝚎 𝚕'𝚑𝚘𝚖𝚖𝚎 𝚜𝚘𝚟𝚒𝚎́𝚝𝚒𝚚𝚞𝚎 𝚗𝚘𝚞𝚟𝚎𝚊𝚞. 𝙻𝚊 𝚁𝚞𝚜𝚜𝚒𝚎 𝚊 𝚎𝚞 𝚋𝚎𝚊𝚞𝚌𝚘𝚞𝚙 𝚍'𝚒𝚗𝚏𝚕𝚞𝚎𝚗𝚌𝚎 𝚜𝚞𝚛 𝚖𝚘𝚒. 𝙹𝚎 𝚟𝚎𝚗𝚊𝚒𝚜 𝚍'𝚞𝚗𝚎 𝚙𝚎𝚝𝚒𝚝𝚎 𝚟𝚒𝚕𝚕𝚎 𝚙𝚛𝚘𝚟𝚒𝚗𝚌𝚒𝚊𝚕𝚎, 𝙲𝚘𝚗𝚜𝚝𝚊𝚗𝚝𝚒𝚗𝚎, 𝚎𝚝 𝚓𝚎 𝚗𝚎 𝚌𝚘𝚗𝚗𝚊𝚒𝚜𝚜𝚊𝚒𝚜 𝚚𝚞𝚊𝚜𝚒𝚖𝚎𝚗𝚝 𝚛𝚒𝚎𝚗 𝚊𝚞 𝚖𝚘𝚗𝚍𝚎. 𝙻𝚊̀-𝚋𝚊𝚜, 𝚓𝚎 𝚜𝚞𝚒𝚜 𝚝𝚘𝚖𝚋𝚎́ 𝚕𝚊 𝚝𝚎̂𝚝𝚎 𝚕𝚊 𝚙𝚛𝚎𝚖𝚒𝚎̀𝚛𝚎 𝚍𝚊𝚗𝚜 𝚕𝚎 𝚏𝚛𝚊𝚌𝚊𝚜 𝚍𝚎 𝚕𝚊 𝚐𝚛𝚊𝚗𝚍𝚎 𝙷𝚒𝚜𝚝𝚘𝚒𝚛𝚎, 𝚍𝚎 𝚕𝚊 𝚖𝚞𝚜𝚒𝚚𝚞𝚎, 𝚍𝚎 𝚕𝚊 𝚕𝚒𝚝𝚝𝚎́𝚛𝚊𝚝𝚞𝚛𝚎, 𝚍𝚎 𝚕𝚊 𝚙𝚘𝚎́𝚜𝚒𝚎… 𝙹𝚊𝚖𝚊𝚒𝚜 𝚓𝚎 𝚗'𝚊𝚒 𝚛𝚎𝚐𝚛𝚎𝚝𝚝𝚎́ 𝚍'𝚎̂𝚝𝚛𝚎 𝚊𝚕𝚕𝚎́ 𝚍𝚊𝚗𝚜 𝚌𝚎 𝚙𝚊𝚢𝚜 𝚘𝚞̀ 𝚕𝚊 𝚐𝚛𝚊𝚗𝚍𝚎𝚞𝚛 𝚊 𝚙𝚞 𝚌𝚘̂𝚝𝚘𝚢𝚎𝚛 𝚕’𝚎́𝚙𝚘𝚞𝚟𝚊𝚗𝚝𝚎.
𝙹'𝚊𝚒 𝚋𝚎𝚊𝚞𝚌𝚘𝚞𝚙, 𝚋𝚎𝚊𝚞𝚌𝚘𝚞𝚙 𝚊𝚒𝚖𝚎́ 𝚎̂𝚝𝚛𝚎 𝚎𝚗 𝚄𝚁𝚂𝚂, 𝚎𝚝 𝚓'𝚊𝚒 𝚋𝚎𝚊𝚞𝚌𝚘𝚞𝚙, 𝚋𝚎𝚊𝚞𝚌𝚘𝚞𝚙 𝚊𝚙𝚙𝚛𝚒𝚜 𝚍𝚞 𝚌𝚘𝚗𝚝𝚊𝚌𝚝 𝚊𝚟𝚎𝚌 𝚕𝚊 𝚐𝚛𝚊𝚗𝚍𝚎 𝚕𝚒𝚝𝚝𝚎́𝚛𝚊𝚝𝚞𝚛𝚎 𝚛𝚞𝚜𝚜𝚎 : 𝚂𝚘𝚕𝚓𝚎𝚗𝚒𝚝𝚜𝚢𝚗𝚎, 𝙿𝚊𝚜𝚝𝚎𝚛𝚗𝚊𝚔, 𝙿𝚘𝚞𝚌𝚑𝚔𝚒𝚗𝚎, 𝚙𝚘𝚞𝚛 𝚗𝚎 𝚌𝚒𝚝𝚎𝚛 𝚚𝚞’𝚞𝚗𝚎 𝚙𝚘𝚒𝚐𝚗𝚎́𝚎. 𝙹𝚎 𝚌𝚛𝚘𝚒𝚜 𝚚𝚞𝚎 𝚌𝚎 𝚚𝚞'𝚘𝚗 𝚙𝚘𝚞𝚛𝚛𝚊𝚒𝚝 𝚊𝚙𝚙𝚎𝚕𝚎𝚛 𝚖𝚊 𝚟𝚘𝚌𝚊𝚝𝚒𝚘𝚗 𝚍'𝚊𝚛𝚝𝚒𝚜𝚊𝚗 𝚛𝚘𝚖𝚊𝚗𝚌𝚒𝚎𝚛 𝚟𝚒𝚎𝚗𝚝 𝚍𝚎 𝚌𝚎𝚝 𝚎́𝚋𝚕𝚘𝚞𝚒𝚜𝚜𝚎𝚖𝚎𝚗𝚝 𝚍𝚎𝚟𝚊𝚗𝚝 𝚕𝚊 𝚋𝚎𝚊𝚞𝚝𝚎́ 𝚍𝚎 𝚌𝚎 𝚙𝚊𝚢𝚜 𝚎𝚝 𝚜𝚊 𝚗𝚘𝚒𝚛𝚌𝚎𝚞𝚛 𝚑𝚒𝚜𝚝𝚘𝚛𝚒𝚚𝚞𝚎. 𝙲'𝚎𝚜𝚝 𝚚𝚞𝚎𝚕𝚚𝚞𝚎 𝚌𝚑𝚘𝚜𝚎 𝚚𝚞'𝚘𝚗 𝚛𝚎́𝚜𝚞𝚖𝚎 𝚊𝚜𝚜𝚎𝚣 𝚜𝚘𝚞𝚟𝚎𝚗𝚝 𝚙𝚊𝚛 « 𝚕'𝚊̂𝚖𝚎 𝚛𝚞𝚜𝚜𝚎 », 𝚞𝚗𝚎 𝚎𝚡𝚙𝚛𝚎𝚜𝚜𝚒𝚘𝚗 𝚞𝚗 𝚙𝚎𝚞 𝚝𝚛𝚘𝚙 𝚏𝚊𝚌𝚒𝚕𝚎, 𝚓𝚎 𝚕𝚎 𝚛𝚎𝚌𝚘𝚗𝚗𝚊𝚒𝚜, 𝚏𝚊𝚞𝚝𝚎 𝚍’𝚞𝚗 𝚖𝚎𝚒𝚕𝚕𝚎𝚞𝚛 𝚚𝚞𝚊𝚕𝚒𝚏𝚒𝚌𝚊𝚝𝚒𝚏...




𝙍𝙁𝙄 : 𝙸𝚛𝚒𝚗𝚊, 𝚛𝚘𝚖𝚊𝚗 𝚛𝚞𝚜𝚜𝚎, 𝚚𝚞𝚒 𝚎𝚜𝚝 𝚙𝚊𝚛𝚞 𝚌𝚎𝚝 𝚊𝚞𝚝𝚘𝚖𝚗𝚎, 𝚎𝚜𝚝 𝚟𝚘𝚝𝚛𝚎 𝚍𝚒𝚡𝚒𝚎̀𝚖𝚎 𝚛𝚘𝚖𝚊𝚗. 𝙿𝚘𝚞𝚛𝚚𝚞𝚘𝚒 𝚟𝚘𝚞𝚜 𝚊-𝚝-𝚒𝚕 𝚏𝚊𝚕𝚕𝚞 𝚚𝚞𝚊𝚛𝚊𝚗𝚝𝚎 𝚊𝚗𝚜 𝚙𝚘𝚞𝚛 𝚛𝚎𝚟𝚎𝚗𝚒𝚛 𝚜𝚞𝚛 𝚌𝚎𝚝𝚝𝚎 𝚎𝚡𝚙𝚎́𝚛𝚒𝚎𝚗𝚌𝚎 𝚛𝚞𝚜𝚜𝚎 ?
𝘼𝙣𝙤𝙪𝙖𝙧 𝘽𝙚𝙣𝙢𝙖𝙡𝙚𝙠 : 𝙴𝚗 𝚏𝚊𝚒𝚝, 𝚌'𝚎𝚜𝚝 𝚎𝚗 𝚚𝚞𝚎𝚕𝚚𝚞𝚎 𝚜𝚘𝚛𝚝𝚎 𝚞𝚗𝚎 𝚛𝚎𝚙𝚛𝚒𝚜𝚎 𝚍𝚎 𝚛𝚘𝚖𝚊𝚗. 𝙼𝚘𝚗 𝚝𝚘𝚞𝚝 𝚙𝚛𝚎𝚖𝚒𝚎𝚛 𝚛𝚘𝚖𝚊𝚗, « 𝙻𝚞𝚍𝚖𝚒𝚕𝚊 𝚘𝚞 𝚕𝚎 𝚟𝚒𝚘𝚕𝚘𝚗 𝚊̀ 𝚕𝚊 𝚖𝚘𝚛𝚝 𝚕𝚎𝚗𝚝𝚎 » 𝚊 𝚎́𝚝𝚎́ 𝚎́𝚌𝚛𝚒𝚝 𝚓𝚞𝚜𝚝𝚎 𝚊̀ 𝚖𝚘𝚗 𝚛𝚎𝚝𝚘𝚞𝚛 𝚍'𝚄𝚗𝚒𝚘𝚗 𝚜𝚘𝚟𝚒𝚎́𝚝𝚒𝚚𝚞𝚎, 𝚎𝚝 𝚎𝚜𝚝 𝚌𝚘𝚗𝚜𝚊𝚌𝚛𝚎́ 𝚎́𝚟𝚒𝚍𝚎𝚖𝚖𝚎𝚗𝚝 𝚊̀ 𝚕’𝚎𝚡𝚙𝚎́𝚛𝚒𝚎𝚗𝚌𝚎 𝚎𝚡𝚝𝚛𝚊𝚘𝚛𝚍𝚒𝚗𝚊𝚒𝚛𝚎 𝚚𝚞𝚎 𝚓'𝚊𝚟𝚊𝚒𝚜 𝚟𝚎́𝚌𝚞𝚎 𝚍𝚊𝚗𝚜 𝚌𝚎 𝚙𝚊𝚢𝚜. 𝙲𝚎 𝚛𝚘𝚖𝚊𝚗, 𝚊𝚟𝚎𝚌 𝚜𝚎𝚜 𝚍𝚎́𝚏𝚊𝚞𝚝𝚜 𝚍𝚎 𝚙𝚛𝚎𝚖𝚒𝚎𝚛 𝚛𝚘𝚖𝚊𝚗, 𝚗'𝚊 𝚎𝚞 𝚚𝚞'𝚞𝚗𝚎 𝚍𝚞𝚛𝚎́𝚎 𝚍𝚎 𝚟𝚒𝚎 𝚙𝚞𝚋𝚕𝚒𝚚𝚞𝚎 𝚍'𝚞𝚗𝚎 𝚜𝚎𝚖𝚊𝚒𝚗𝚎. 𝙻𝚎𝚜 𝚂𝚘𝚟𝚒𝚎́𝚝𝚒𝚚𝚞𝚎𝚜 𝚊𝚢𝚊𝚗𝚝 𝚙𝚘𝚛𝚝𝚎́ 𝚙𝚕𝚊𝚒𝚗𝚝𝚎, 𝚕𝚎 𝚕𝚒𝚟𝚛𝚎 𝚎𝚜𝚝 𝚛𝚎𝚝𝚒𝚛𝚎́ 𝚒𝚖𝚖𝚎́𝚍𝚒𝚊𝚝𝚎𝚖𝚎𝚗𝚝 𝚍𝚎 𝚝𝚘𝚞𝚝𝚎𝚜 𝚕𝚎𝚜 𝚕𝚒𝚋𝚛𝚊𝚒𝚛𝚒𝚎𝚜 𝚍’𝙰𝚕𝚐𝚎́𝚛𝚒𝚎 𝚙𝚘𝚞𝚛 𝚞𝚗𝚎 𝚛𝚊𝚒𝚜𝚘𝚗 𝚍'𝚊𝚒𝚕𝚕𝚎𝚞𝚛𝚜 𝚊𝚜𝚜𝚎𝚣 𝚊𝚖𝚞𝚜𝚊𝚗𝚝𝚎 𝚊 𝚙𝚘𝚜𝚝𝚎𝚛𝚒𝚘𝚛𝚒.
𝙻𝚎 𝚕𝚒𝚟𝚛𝚎 𝚊𝚟𝚊𝚒𝚝 𝚎́𝚝𝚎́ 𝚙𝚞𝚋𝚕𝚒𝚎́ 𝚙𝚊𝚛 𝚞𝚗𝚎 𝚖𝚊𝚒𝚜𝚘𝚗 𝚍'𝚎́𝚍𝚒𝚝𝚒𝚘𝚗 𝚐𝚘𝚞𝚟𝚎𝚛𝚗𝚎𝚖𝚎𝚗𝚝𝚊𝚕𝚎, 𝚙𝚊𝚛𝚌𝚎 𝚚𝚞'𝚊̀ 𝚕'𝚎́𝚙𝚘𝚚𝚞𝚎 𝚒𝚕 𝚗'𝚢 𝚊𝚟𝚊𝚒𝚝 𝚙𝚊𝚜 𝚍'𝚎́𝚍𝚒𝚝𝚒𝚘𝚗 𝚙𝚛𝚒𝚟𝚎́𝚎. 𝙻𝚎𝚜 𝚂𝚘𝚟𝚒𝚎́𝚝𝚒𝚚𝚞𝚎𝚜 𝚎𝚗 𝚊𝚟𝚊𝚒𝚎𝚗𝚝 𝚝𝚒𝚛𝚎́ 𝚍𝚎𝚜 𝚌𝚘𝚗𝚌𝚕𝚞𝚜𝚒𝚘𝚗𝚜 « 𝚐𝚎́𝚘𝚜𝚝𝚛𝚊𝚝𝚎́𝚐𝚒𝚚𝚞𝚎𝚜 » 𝚊𝚕𝚊𝚛𝚖𝚊𝚗𝚝𝚎𝚜, 𝚊𝚒𝚗𝚜𝚒 𝚚𝚞𝚎 𝚖𝚎 𝚕'𝚎𝚡𝚙𝚕𝚒𝚚𝚞𝚎𝚛𝚊 𝚙𝚕𝚞𝚜 𝚝𝚊𝚛𝚍 𝚞𝚗 𝚊𝚖𝚋𝚊𝚜𝚜𝚊𝚍𝚎𝚞𝚛 𝚍'𝙰𝚕𝚐𝚎́𝚛𝚒𝚎 𝚎𝚗 𝙵𝚛𝚊𝚗𝚌𝚎, 𝚊𝚕𝚘𝚛𝚜 𝚊𝚝𝚝𝚊𝚌𝚑𝚎́ 𝚌𝚞𝚕𝚝𝚞𝚛𝚎𝚕 𝚊̀ 𝙼𝚘𝚜𝚌𝚘𝚞 𝚊̀ 𝚕’𝚎́𝚙𝚘𝚚𝚞𝚎. 𝙿𝚘𝚞𝚛 𝚕𝚎𝚜 𝚁𝚞𝚜𝚜𝚎𝚜, 𝚞𝚗 𝚕𝚒𝚟𝚛𝚎 𝚌𝚛𝚒𝚝𝚒𝚚𝚞𝚎 𝚎𝚗𝚟𝚎𝚛𝚜 𝚕’𝚄𝚁𝚂𝚂 𝚙𝚞𝚋𝚕𝚒𝚎́ 𝚊̀ 𝙰𝚕𝚐𝚎𝚛 𝚙𝚊𝚛 𝚞𝚗𝚎 𝚖𝚊𝚒𝚜𝚘𝚗 𝚍’𝚎́𝚍𝚒𝚝𝚒𝚘𝚗 𝚐𝚘𝚞𝚟𝚎𝚛𝚗𝚎𝚖𝚎𝚗𝚝𝚊𝚕𝚎 𝚍𝚊𝚗𝚜 𝚞𝚗 𝚙𝚊𝚢𝚜 𝚘𝚞̀ 𝚕𝚊 𝚕𝚒𝚋𝚎𝚛𝚝𝚎́ 𝚍’𝚎𝚡𝚙𝚛𝚎𝚜𝚜𝚒𝚘𝚗 𝚗’𝚊𝚟𝚊𝚒𝚝 𝚚𝚞’𝚞𝚗𝚎 𝚎𝚡𝚒𝚜𝚝𝚎𝚗𝚌𝚎 𝚍𝚎 𝚏𝚊𝚌̧𝚊𝚍𝚎 𝚗𝚎 𝚙𝚘𝚞𝚟𝚊𝚒𝚝 𝚜𝚒𝚐𝚗𝚒𝚏𝚒𝚎𝚛 𝚚𝚞’𝚞𝚗𝚎 𝚌𝚑𝚘𝚜𝚎 : 𝚚𝚞𝚎 𝚕’𝙰𝚕𝚐𝚎́𝚛𝚒𝚎 𝚘𝚏𝚏𝚒𝚌𝚒𝚎𝚕𝚕𝚎 𝚊𝚖𝚘𝚛𝚌̧𝚊𝚒𝚝 𝚊𝚒𝚗𝚜𝚒 𝚞𝚗 𝚌𝚑𝚊𝚗𝚐𝚎𝚖𝚎𝚗𝚝 𝚍𝚎 𝚙𝚘𝚕𝚒𝚝𝚒𝚚𝚞𝚎 𝚜𝚝𝚛𝚊𝚝𝚎́𝚐𝚒𝚚𝚞𝚎 𝚊𝚞 𝚍𝚎́𝚙𝚎𝚗𝚜 𝚍𝚎 𝚜𝚘𝚗 𝚊𝚕𝚕𝚒𝚎́ 𝚍𝚎 𝚝𝚘𝚞𝚓𝚘𝚞𝚛𝚜, 𝚕’𝚄𝚁𝚂𝚂 !
𝙻𝚎 𝚛𝚘𝚖𝚊𝚗𝚌𝚒𝚎𝚛 𝚍𝚎́𝚋𝚞𝚝𝚊𝚗𝚝 𝚊𝚞𝚚𝚞𝚎𝚕 𝚎́𝚟𝚒𝚍𝚎𝚖𝚖𝚎𝚗𝚝 𝚙𝚎𝚛𝚜𝚘𝚗𝚗𝚎 𝚗’𝚊𝚟𝚊𝚒𝚝 𝚛𝚒𝚎𝚗 𝚎𝚡𝚙𝚕𝚒𝚚𝚞𝚎́ 𝚍𝚎 𝚌𝚎𝚜 𝚛𝚞𝚖𝚒𝚗𝚊𝚝𝚒𝚘𝚗𝚜 𝚍𝚎 𝚑𝚊𝚞𝚝 𝚗𝚒𝚟𝚎𝚊𝚞 𝚊𝚞𝚛𝚊𝚒𝚝 𝚎́𝚝𝚎́ 𝚕𝚎 𝚙𝚛𝚎𝚖𝚒𝚎𝚛 𝚜𝚝𝚞𝚙𝚎́𝚏𝚊𝚒𝚝 𝚙𝚊𝚛 𝚕’𝚒𝚖𝚙𝚊𝚌𝚝 𝚍𝚎 𝚜𝚘𝚗 𝚛𝚘𝚖𝚊𝚗…
𝙸𝚕 𝚖'𝚊 𝚏𝚊𝚕𝚕𝚞 𝚎𝚗𝚜𝚞𝚒𝚝𝚎 𝚚𝚞𝚊𝚛𝚊𝚗𝚝𝚎 𝚊𝚗𝚜 𝚙𝚘𝚞𝚛 𝚖’𝚢 𝚛𝚎𝚖𝚎𝚝𝚝𝚛𝚎. 𝚄𝚗𝚎 𝚍𝚎𝚜 𝚛𝚊𝚒𝚜𝚘𝚗𝚜 𝚚𝚞𝚒 𝚖’𝚘𝚗𝚝 𝚌𝚘𝚗𝚟𝚊𝚒𝚗𝚌𝚞 𝚍𝚎 𝚖𝚎 𝚕𝚊𝚗𝚌𝚎𝚛 𝚍𝚊𝚗𝚜 𝚕’𝚎́𝚌𝚛𝚒𝚝𝚞𝚛𝚎 𝚍𝚎 𝚌𝚎 𝚛𝚘𝚖𝚊𝚗 𝚎𝚜𝚝 𝚕𝚎 𝚑𝚊𝚜𝚊𝚛𝚍, 𝚕’𝚊𝚕𝚕𝚒𝚎́ 𝚗𝚊𝚝𝚞𝚛𝚎𝚕 𝚍𝚎 𝚝𝚘𝚞𝚝 𝚎́𝚌𝚛𝚒𝚟𝚊𝚒𝚗 𝚚𝚞𝚒 𝚜𝚎 𝚛𝚎𝚜𝚙𝚎𝚌𝚝𝚎. 𝚅𝚘𝚞𝚕𝚊𝚗𝚝 𝚙𝚊𝚛𝚕𝚎𝚛 𝚍𝚎 𝚕𝚊 𝚁𝚞𝚜𝚜𝚒𝚎, 𝚓'𝚊𝚒 𝚍𝚎́𝚌𝚘𝚞𝚟𝚎𝚛𝚝 — 𝚖𝚘𝚒 𝚚𝚞𝚒 𝚙𝚎𝚗𝚜𝚊𝚒𝚜 𝚊𝚜𝚜𝚎𝚣 𝚋𝚒𝚎𝚗 𝚌𝚘𝚗𝚗𝚊𝚒̂𝚝𝚛𝚎 𝚊𝚞 𝚖𝚘𝚒𝚗𝚜 𝚞𝚗𝚎 𝚙𝚊𝚛𝚝𝚒𝚎 𝚍𝚎 𝚕'𝚑𝚒𝚜𝚝𝚘𝚒𝚛𝚎 𝚍𝚎 𝚕’𝚎𝚖𝚙𝚒𝚛𝚎 𝚜𝚘𝚟𝚒𝚎́𝚝𝚒𝚚𝚞𝚎 — 𝚕'𝚎́𝚝𝚎𝚗𝚍𝚞𝚎 𝚍𝚎 𝚌𝚎 𝚚𝚞𝚒 𝚜'était 𝚙𝚊𝚜𝚜𝚎́ 𝚊𝚞 𝙺𝚊𝚣𝚊𝚔𝚑𝚜𝚝𝚊𝚗 𝚙𝚎𝚗𝚍𝚊𝚗𝚝 𝚕𝚊 𝚙𝚎́𝚛𝚒𝚘𝚍𝚎 𝚍𝚎 𝚕𝚊 𝚌𝚘𝚕𝚕𝚎𝚌𝚝𝚒𝚟𝚒𝚜𝚊𝚝𝚒𝚘𝚗 𝚜𝚊𝚞𝚟𝚊𝚐𝚎 𝚘𝚛𝚍𝚘𝚗𝚗𝚎́𝚎 𝚙𝚊𝚛 𝚂𝚝𝚊𝚕𝚒𝚗𝚎. 𝚃𝚘𝚞𝚝 𝚕𝚎 𝚖𝚘𝚗𝚍𝚎 𝚌𝚘𝚗𝚗𝚊𝚒̂𝚝 𝚕𝚊 𝚏𝚊𝚖𝚒𝚗𝚎 𝚚𝚞𝚒 𝚊 𝚍𝚎́𝚌𝚒𝚖𝚎́ 𝚕'𝚄𝚔𝚛𝚊𝚒𝚗𝚎 𝚍𝚊𝚗𝚜 𝚕𝚎𝚜 𝚊𝚗𝚗𝚎́𝚎𝚜 𝚝𝚛𝚎𝚗𝚝𝚎, 𝚙𝚎𝚞 𝚜𝚊𝚟𝚎𝚗𝚝 𝚚𝚞𝚎 𝚌𝚎𝚕𝚕𝚎 𝚚𝚞𝚒 𝚊 𝚛𝚊𝚟𝚊𝚐𝚎́ 𝚊𝚞 𝚖𝚎̂𝚖𝚎 𝚖𝚘𝚖𝚎𝚗𝚝 𝚕𝚎 𝙺𝚊𝚣𝚊𝚔𝚑𝚜𝚝𝚊𝚗 𝚎́𝚝𝚊𝚒𝚝 𝚎𝚗𝚌𝚘𝚛𝚎 𝚙𝚒𝚛𝚎, 𝚜𝚒 𝚕’𝚘𝚗 𝚛𝚊𝚙𝚙𝚘𝚛𝚝𝚎 𝚕𝚎 𝚗𝚘𝚖𝚋𝚛𝚎 𝚍𝚎𝚜 𝚟𝚒𝚌𝚝𝚒𝚖𝚎𝚜 𝚊̀ 𝚕𝚊 𝚙𝚘𝚙𝚞𝚕𝚊𝚝𝚒𝚘𝚗. 𝙿𝚒𝚛𝚎 𝚊𝚞 𝚙𝚘𝚒𝚗𝚝 𝚚𝚞𝚎 𝚌𝚎 𝚗'𝚎𝚜𝚝 𝚚𝚞𝚎 𝚝𝚛𝚎̀𝚜 𝚛𝚎́𝚌𝚎𝚖𝚖𝚎𝚗𝚝 𝚚𝚞𝚎 𝚕𝚎𝚜 𝙺𝚊𝚣𝚊𝚔𝚑𝚜 𝚜𝚘𝚗𝚝 𝚛𝚎𝚍𝚎𝚟𝚎𝚗𝚞𝚜 𝚖𝚊𝚓𝚘𝚛𝚒𝚝𝚊𝚒𝚛𝚎𝚜 𝚍𝚊𝚗𝚜 𝚕𝚎𝚞𝚛 𝚙𝚊𝚢𝚜.
𝙹’𝚊𝚒 𝚝𝚘𝚞𝚓𝚘𝚞𝚛𝚜 𝚎𝚜𝚜𝚊𝚢𝚎́ 𝚍𝚊𝚗𝚜 𝚖𝚎𝚜 𝚕𝚒𝚟𝚛𝚎𝚜 𝚍𝚎 𝚖𝚎𝚝𝚝𝚛𝚎 𝚚𝚞𝚎𝚕𝚚𝚞𝚎 𝚌𝚑𝚘𝚜𝚎 𝚚𝚞𝚒 𝚍𝚎́𝚙𝚊𝚜𝚜𝚎 𝚕𝚊𝚛𝚐𝚎𝚖𝚎𝚗𝚝 𝚕𝚎 𝚌𝚊𝚍𝚛𝚎 𝚜𝚝𝚛𝚒𝚌𝚝𝚎𝚖𝚎𝚗𝚝 𝚒𝚗𝚍𝚒𝚟𝚒𝚍𝚞𝚎𝚕 𝚍𝚎 𝚕𝚊 𝚟𝚒𝚎 𝚍𝚎 𝚖𝚎𝚜 𝚙𝚎𝚛𝚜𝚘𝚗𝚗𝚊𝚐𝚎𝚜. 𝙳𝚊𝚗𝚜 𝚕𝚎 𝚌𝚊𝚜 𝚍𝚎 𝚌𝚎 𝚛𝚘𝚖𝚊𝚗, 𝚏𝚊𝚒𝚛𝚎 𝚌𝚘𝚗𝚗𝚊𝚒̂𝚝𝚛𝚎 𝚕𝚊 𝚝𝚛𝚊𝚐𝚎́𝚍𝚒𝚎 𝚚𝚞'𝚊𝚟𝚊𝚒𝚎𝚗𝚝 𝚜𝚞𝚋𝚒𝚎 𝚕𝚎𝚜 𝚗𝚘𝚖𝚊𝚍𝚎𝚜 𝚔𝚊𝚣𝚊𝚔𝚑𝚜 𝚊 𝚎́𝚝𝚎́ 𝚞𝚗 𝚙𝚞𝚒𝚜𝚜𝚊𝚗𝚝 𝚖𝚘𝚝𝚒𝚏 𝚍’𝚎́𝚌𝚛𝚒𝚝𝚞𝚛𝚎.

𝙍𝙁𝙄 : 𝙳𝚊𝚗𝚜 𝚌𝚎 𝚛𝚘𝚖𝚊𝚗, 𝚌𝚘𝚖𝚖𝚎 𝚍𝚊𝚗𝚜 𝚟𝚘𝚜 𝚙𝚛𝚎́𝚌𝚎́𝚍𝚎𝚗𝚝𝚜 𝚛𝚘𝚖𝚊𝚗𝚜, 𝚕'𝚊𝚖𝚘𝚞𝚛 𝚘𝚌𝚌𝚞𝚙𝚎 𝚞𝚗𝚎 𝚙𝚕𝚊𝚌𝚎 𝚒𝚖𝚙𝚘𝚛𝚝𝚊𝚗𝚝𝚎. 𝙴𝚡𝚙𝚕𝚒𝚚𝚞𝚎𝚣-𝚗𝚘𝚞𝚜 𝚙𝚘𝚞𝚛𝚚𝚞𝚘𝚒 𝚕'𝚊𝚖𝚘𝚞𝚛 𝚎𝚜𝚝-𝚒𝚕 𝚜𝚒 𝚒𝚖𝚙𝚘𝚛𝚝𝚊𝚗𝚝 𝚊̀ 𝚕𝚊 𝚏𝚘𝚒𝚜 𝚌𝚘𝚖𝚖𝚎 𝚝𝚑𝚎́𝚖𝚊𝚝𝚒𝚚𝚞𝚎 𝚎𝚝 𝚌𝚘𝚖𝚖𝚎 𝚜𝚎𝚗𝚝𝚒𝚖𝚎𝚗𝚝.
𝘼𝙣𝙤𝙪𝙖𝙧 𝘽𝙚𝙣𝙢𝙖𝙡𝙚𝙠 : 𝙳'𝚊𝚋𝚘𝚛𝚍, 𝚓𝚎 𝚍𝚘𝚒𝚜 𝚍𝚒𝚛𝚎 𝚚𝚞𝚎 𝚓𝚎 𝚛𝚎𝚜𝚝𝚎 𝚊𝚞 𝚏𝚘𝚗𝚍 𝚞𝚗 𝚎́𝚌𝚛𝚒𝚟𝚊𝚒𝚗 « 𝚏𝚕𝚎𝚞𝚛 𝚋𝚕𝚎𝚞𝚎 », 𝚍𝚊𝚗𝚜 𝚕𝚎 𝚜𝚎𝚗𝚜 𝚘𝚞̀ 𝚓𝚎 𝚖𝚎 𝚟𝚘𝚒𝚜 𝚖𝚊𝚕 𝚎́𝚌𝚛𝚒𝚛𝚎 𝚞𝚗 𝚕𝚒𝚟𝚛𝚎 𝚜𝚊𝚗𝚜 𝚚𝚞'𝚊𝚞 𝚜𝚎𝚒𝚗 𝚍𝚎 𝚌𝚎 𝚕𝚒𝚟𝚛𝚎-𝚕𝚊̀, 𝚗𝚎 𝚜'𝚢 𝚝𝚛𝚘𝚞𝚟𝚎 𝚞𝚗𝚎 𝚑𝚒𝚜𝚝𝚘𝚒𝚛𝚎 𝚍'𝚊𝚖𝚘𝚞𝚛. 𝙿𝚘𝚞𝚛𝚚𝚞𝚘𝚒 ? 𝙿𝚊𝚛𝚌𝚎 𝚚𝚞𝚎 𝚕𝚎 𝚌𝚘𝚗𝚝𝚎𝚡𝚝𝚎 𝚍𝚎 𝚖𝚎𝚜 𝚕𝚒𝚟𝚛𝚎𝚜 𝚎𝚜𝚝 𝚜𝚘𝚞𝚟𝚎𝚗𝚝 𝚞𝚗 𝚌𝚘𝚗𝚝𝚎𝚡𝚝𝚎 𝚍𝚒𝚏𝚏𝚒𝚌𝚒𝚕𝚎, 𝚒𝚗𝚜𝚞𝚙𝚙𝚘𝚛𝚝𝚊𝚋𝚕𝚎 𝚙𝚊𝚛𝚏𝚘𝚒𝚜. 𝙿𝚘𝚞𝚛 𝚙𝚘𝚞𝚟𝚘𝚒𝚛 𝚙𝚊𝚜𝚜𝚎𝚛 𝚝𝚛𝚘𝚒𝚜 𝚊̀ 𝚚𝚞𝚊𝚝𝚛𝚎 𝚊𝚗𝚜 𝚊̀ 𝚎́𝚌𝚛𝚒𝚛𝚎 𝚞𝚗 𝚕𝚒𝚟𝚛𝚎 𝚜𝚞𝚛 𝚍𝚎𝚜 𝚜𝚞𝚓𝚎𝚝𝚜 𝚚𝚞𝚒 𝚙𝚛𝚎𝚗𝚗𝚎𝚗𝚝 𝚊̀ 𝚕𝚊 𝚐𝚘𝚛𝚐𝚎, 𝚒𝚕 𝚏𝚊𝚞𝚝 𝚚𝚞𝚎𝚕𝚚𝚞𝚎 𝚌𝚑𝚘𝚜𝚎 𝚚𝚞𝚒 𝚍𝚘𝚗𝚗𝚎, 𝚝𝚊𝚗𝚝 𝚊̀ 𝚕'𝚎́𝚌𝚛𝚒𝚟𝚊𝚒𝚗 𝚚𝚞'𝚊̀ 𝚜𝚘𝚗 𝚌𝚘𝚖𝚙𝚊𝚐𝚗𝚘𝚗 𝚘𝚋𝚕𝚒𝚐𝚎́, 𝚕𝚎 𝚕𝚎𝚌𝚝𝚎𝚞𝚛, 𝚕𝚎 𝚜𝚎𝚗𝚝𝚒𝚖𝚎𝚗𝚝 𝚚𝚞𝚎 𝚕’𝚊𝚟𝚎𝚗𝚝𝚞𝚛𝚎 𝚍𝚎 𝚕’𝚎́𝚌𝚛𝚒𝚝𝚞𝚛𝚎 𝚎𝚝 𝚌𝚎𝚕𝚕𝚎 𝚍𝚎 𝚕𝚊 𝚕𝚎𝚌𝚝𝚞𝚛𝚎 𝚟𝚊𝚕𝚎𝚗𝚝 𝚕𝚊 𝚙𝚎𝚒𝚗𝚎 𝚍’𝚎̂𝚝𝚛𝚎 𝚙𝚘𝚞𝚛𝚜𝚞𝚒𝚟𝚒𝚎𝚜 𝚓𝚞𝚜𝚚𝚞'𝚊̀ 𝚕𝚎𝚞𝚛 𝚝𝚎𝚛𝚖𝚎. 𝙸𝚕 𝚗'𝚢 𝚊 𝚚𝚞𝚎 𝚕'𝚊𝚖𝚘𝚞𝚛 𝚚𝚞𝚒 𝚜𝚘𝚒𝚝 𝚜𝚞𝚏𝚏𝚒𝚜𝚊𝚖𝚖𝚎𝚗𝚝... 𝚌𝚘𝚖𝚖𝚎𝚗𝚝 𝚍𝚒𝚛𝚎 ? 𝚚𝚞𝚒 𝚒𝚗𝚜𝚞𝚏𝚏𝚕𝚎 𝚕𝚊 𝚏𝚘𝚛𝚌𝚎 𝚍'𝚊𝚏𝚏𝚛𝚘𝚗𝚝𝚎𝚛 𝚕'𝚒𝚗𝚜𝚘𝚞𝚝𝚎𝚗𝚊𝚋𝚕𝚎.
𝙿𝚘𝚞𝚛 𝚖𝚘𝚒, 𝚙𝚘𝚞𝚛 𝚜𝚞𝚙𝚙𝚘𝚛𝚝𝚎𝚛 𝚌𝚎𝚝𝚝𝚎 𝚍𝚎𝚜𝚌𝚛𝚒𝚙𝚝𝚒𝚘𝚗 𝚍𝚎𝚜 𝚑𝚘𝚛𝚛𝚎𝚞𝚛𝚜 𝚍𝚎 𝚕𝚊 𝚙𝚎́𝚛𝚒𝚘𝚍𝚎 𝚜𝚝𝚊𝚕𝚒𝚗𝚒𝚎𝚗𝚗𝚎 𝚎𝚝, 𝚎𝚗 𝚙𝚊𝚛𝚝𝚒𝚌𝚞𝚕𝚒𝚎𝚛, 𝚍𝚎 𝚕𝚊 𝙶𝚛𝚊𝚗𝚍𝚎 𝙵𝚊𝚒𝚖 𝚒𝚗𝚏𝚕𝚒𝚐𝚎́𝚎 𝚊𝚞𝚡 𝙺𝚊𝚣𝚊𝚔𝚑𝚜, 𝚒𝚕 𝚏𝚊𝚕𝚕𝚊𝚒𝚝 𝚚𝚞𝚎 𝚓'𝚒𝚗𝚝𝚛𝚘𝚍𝚞𝚒𝚜𝚎 𝚕𝚊 𝚋𝚎𝚊𝚞𝚝𝚎́ 𝚍'𝚞𝚗 𝚊𝚖𝚘𝚞𝚛 𝚑𝚘𝚛𝚜 𝚗𝚘𝚛𝚖𝚎 — 𝚚𝚞𝚒, 𝚊𝚞 𝚍𝚎́𝚙𝚊𝚛𝚝 𝚍'𝚊𝚒𝚕𝚕𝚎𝚞𝚛𝚜, 𝚗'𝚎𝚜𝚝 𝚙𝚊𝚜 𝚍𝚞 𝚝𝚘𝚞𝚝 𝚞𝚗 𝚊𝚖𝚘𝚞𝚛 « 𝚊̀ 𝚕'𝚎𝚊𝚞 𝚍𝚎 𝚛𝚘𝚜𝚎 ». 𝙰𝚞 𝚍𝚎́𝚋𝚞𝚝 𝚍𝚎 𝚕𝚎𝚞𝚛 𝚛𝚎𝚕𝚊𝚝𝚒𝚘𝚗, 𝙸𝚛𝚒𝚗𝚊 𝚌𝚘𝚗𝚜𝚒𝚍𝚎̀𝚛𝚎 𝚖𝚎̂𝚖𝚎 𝚆𝚊𝚕𝚒𝚍 𝚞𝚗 𝚙𝚎𝚞 𝚌𝚘𝚖𝚖𝚎 𝚞𝚗 𝚑𝚘𝚖𝚖𝚎-𝚘𝚋𝚓𝚎𝚝 ; 𝚙𝚘𝚞𝚛 𝚎𝚕𝚕𝚎, 𝚜𝚘𝚗 𝚊𝚖𝚘𝚞𝚛 𝚊𝚋𝚜𝚘𝚕𝚞 𝚜𝚎 𝚜𝚒𝚝𝚞𝚎 𝚊𝚒𝚕𝚕𝚎𝚞𝚛𝚜 : 𝚌'𝚎𝚜𝚝 𝚜𝚘𝚗 𝚊𝚛𝚝, 𝚕𝚎 𝚌𝚑𝚊𝚗𝚝, 𝚕'𝚘𝚙𝚎́𝚛𝚊. 𝙿𝚎𝚝𝚒𝚝 𝚊̀ 𝚙𝚎𝚝𝚒𝚝, 𝚎𝚕𝚕𝚎 𝚌𝚘𝚖𝚖𝚎𝚗𝚌𝚎, 𝚙𝚛𝚎𝚜𝚚𝚞𝚎 𝚖𝚊𝚕𝚐𝚛𝚎́ 𝚎𝚕𝚕𝚎, 𝚊̀ 𝚍𝚎𝚟𝚎𝚗𝚒𝚛 𝚊𝚖𝚘𝚞𝚛𝚎𝚞𝚜𝚎 𝚍𝚎 𝚜𝚘𝚗 𝚊𝚖𝚊𝚗𝚝 𝚊𝚕𝚐𝚎́𝚛𝚒𝚎𝚗. 𝚆𝚊𝚕𝚒𝚍, 𝚕𝚞𝚒, 𝚜𝚎 𝚕𝚊𝚒𝚜𝚜𝚎 𝚒𝚖𝚖𝚎́𝚍𝚒𝚊𝚝𝚎𝚖𝚎𝚗𝚝 𝚛𝚊𝚟𝚒𝚛 (𝚊𝚞 𝚜𝚎𝚗𝚜 𝚍𝚎 𝚛𝚊𝚙𝚝 !) 𝚙𝚊𝚛 𝚌𝚎𝚝 𝚊𝚖𝚘𝚞𝚛, 𝚒𝚕 𝚗𝚎 𝚜𝚊𝚒𝚝 𝚙𝚊𝚜 𝚚𝚞'𝚒𝚕 𝚟𝚊 𝚍𝚎𝚟𝚎𝚗𝚒𝚛 𝚊̀ 𝚌𝚎 𝚙𝚘𝚒𝚗𝚝 𝚎́𝚙𝚛𝚒𝚜 𝚚𝚞𝚎 𝚚𝚞𝚊𝚛𝚊𝚗𝚝𝚎 𝚊𝚗𝚜 𝚗𝚎 𝚜𝚞𝚏𝚏𝚒𝚛𝚘𝚗𝚝 𝚙𝚊𝚜 𝚊̀ 𝚕𝚎 𝚐𝚞𝚎́𝚛𝚒𝚛 𝚍'𝙸𝚛𝚒𝚗𝚊. 𝙲’𝚎𝚜𝚝 𝚍𝚘𝚗𝚌 𝚞𝚗𝚎 𝚜𝚘𝚛𝚝𝚎 𝚍𝚎 𝚁𝚘𝚖𝚎́𝚘 𝚎𝚝 𝙹𝚞𝚕𝚒𝚎𝚝𝚝𝚎 𝚜𝚕𝚊𝚟𝚎, 𝚖𝚊𝚒𝚜 𝚎𝚗 𝚙𝚕𝚞𝚜 𝚍𝚎́𝚜𝚎́𝚚𝚞𝚒𝚕𝚒𝚋𝚛𝚎́.

𝙍𝙁𝙄 : 𝙸𝚕 𝚗'𝚎𝚜𝚝 𝚙𝚊𝚜 𝚚𝚞𝚎𝚜𝚝𝚒𝚘𝚗 𝚚𝚞𝚎 𝚍𝚎 𝚕𝚊 𝚁𝚞𝚜𝚜𝚒𝚎 𝚍𝚊𝚗𝚜 𝚟𝚘𝚝𝚛𝚎 𝚛𝚘𝚖𝚊𝚗, 𝚖𝚊𝚒𝚜 𝚊𝚞𝚜𝚜𝚒 𝚍𝚎 𝚕'𝙰𝚕𝚐𝚎́𝚛𝚒𝚎, 𝚟𝚘𝚝𝚛𝚎 𝚙𝚊𝚢𝚜 𝚗𝚊𝚝𝚊𝚕, 𝚚𝚞𝚒 𝚎𝚜𝚝 𝚊𝚞𝚜𝚜𝚒 𝚌𝚎𝚕𝚞𝚒 𝚍𝚞 𝚙𝚎𝚛𝚜𝚘𝚗𝚗𝚊𝚐𝚎 𝚍𝚎 𝚆𝚊𝚕𝚒𝚍. 𝚅𝚘𝚞𝚜 𝚊𝚟𝚎𝚣 𝚍𝚎́𝚗𝚘𝚗𝚌𝚎́ 𝚛𝚎́𝚐𝚞𝚕𝚒𝚎̀𝚛𝚎𝚖𝚎𝚗𝚝 𝚕𝚎𝚜 𝚝𝚘𝚛𝚝𝚞𝚛𝚎𝚜 𝚎𝚝 𝚕𝚎𝚜 𝚎𝚡𝚊𝚌𝚝𝚒𝚘𝚗𝚜 𝚌𝚘𝚖𝚖𝚒𝚜𝚎𝚜 𝚎𝚗 𝙰𝚕𝚐𝚎́𝚛𝚒𝚎 𝚙𝚊𝚛 𝚕𝚎𝚜 𝚏𝚘𝚛𝚌𝚎𝚜 𝚍𝚎 𝚜𝚎́𝚌𝚞𝚛𝚒𝚝𝚎́. 𝚀𝚞𝚎𝚕 𝚛𝚊𝚙𝚙𝚘𝚛𝚝 𝚎𝚗𝚝𝚛𝚎𝚝𝚎𝚗𝚎𝚣-𝚟𝚘𝚞𝚜 𝚊𝚞𝚓𝚘𝚞𝚛𝚍'𝚑𝚞𝚒 𝚊𝚟𝚎𝚌 𝚌𝚎 𝚙𝚊𝚢𝚜 ?
𝘼𝙣𝙤𝙪𝙖𝙧 𝘽𝙚𝙣𝙢𝙖𝙡𝙚𝙠 : 𝙻'𝙰𝚕𝚐𝚎́𝚛𝚒𝚎 𝚎𝚜𝚝 𝚞𝚗𝚎 𝚍𝚎́𝚌𝚑𝚒𝚛𝚞𝚛𝚎. 𝙲'𝚎𝚜𝚝 𝚞𝚗 𝚙𝚊𝚢𝚜 𝚚𝚞𝚒 𝚖'𝚎𝚜𝚝 𝚎𝚡𝚝𝚛𝚎̂𝚖𝚎𝚖𝚎𝚗𝚝 𝚌𝚑𝚎𝚛. 𝙹𝚎 𝚖𝚎 𝚍𝚒𝚜 𝚙𝚊𝚛𝚏𝚘𝚒𝚜 𝚚𝚞’𝚒𝚕 𝚗𝚎 𝚖𝚎́𝚛𝚒𝚝𝚎 𝚙𝚊𝚜 𝚕𝚎 𝚍𝚎𝚜𝚝𝚒𝚗 𝚚𝚞𝚒 𝚎𝚜𝚝 𝚕𝚎 𝚜𝚒𝚎𝚗 𝚊𝚞𝚓𝚘𝚞𝚛𝚍’𝚑𝚞𝚒. 𝙸𝚕 𝚜'𝚎𝚜𝚝 𝚋𝚊𝚝𝚝𝚞 𝚜𝚊𝚗𝚜 𝚌𝚘𝚖𝚙𝚝𝚎𝚛 𝚙𝚘𝚞𝚛 𝚜𝚊 𝚕𝚒𝚋𝚎𝚛𝚝𝚎́, 𝚖𝚊𝚒𝚜 𝚌𝚎𝚞𝚡 𝚚𝚞𝚒 𝚕'𝚘𝚗𝚝 𝚍𝚒𝚛𝚒𝚐𝚎́ 𝚍𝚎𝚙𝚞𝚒𝚜 𝚜𝚘𝚗 𝚒𝚗𝚍𝚎́𝚙𝚎𝚗𝚍𝚊𝚗𝚌𝚎 𝚗'𝚘𝚗𝚝 𝚙𝚊𝚜 𝚎́𝚝𝚎́ 𝚊̀ 𝚕𝚊 𝚑𝚊𝚞𝚝𝚎𝚞𝚛 𝚍𝚎𝚜 𝚎𝚜𝚙𝚘𝚒𝚛𝚜 𝚗𝚘𝚞𝚛𝚛𝚒𝚜 𝚙𝚎𝚗𝚍𝚊𝚗𝚝 𝚕𝚎𝚜 𝚊𝚗𝚗𝚎́𝚎𝚜 𝚍𝚎 𝚕𝚞𝚝𝚝𝚎𝚜 𝚎𝚝 𝚍𝚎 𝚜𝚊𝚌𝚛𝚒𝚏𝚒𝚌𝚎𝚜. 𝚁𝚒𝚎𝚗 𝚙𝚘𝚞𝚛𝚝𝚊𝚗𝚝 𝚗'𝚊 𝚎́𝚝𝚎́ 𝚙𝚕𝚞𝚜 𝚓𝚞𝚜𝚝𝚎 𝚗𝚒 𝚙𝚕𝚞𝚜 𝚗𝚎́𝚌𝚎𝚜𝚜𝚊𝚒𝚛𝚎 𝚚𝚞𝚎 𝚌𝚎𝚝𝚝𝚎 𝚐𝚞𝚎𝚛𝚛𝚎 𝚍𝚎 𝚕𝚒𝚋𝚎́𝚛𝚊𝚝𝚒𝚘𝚗.
𝚄𝚗 𝚌𝚎𝚛𝚝𝚊𝚒𝚗 𝚛𝚎́𝚟𝚒𝚜𝚒𝚘𝚗𝚗𝚒𝚜𝚖𝚎 𝚘𝚋𝚜𝚌𝚎̀𝚗𝚎 𝚟𝚘𝚞𝚍𝚛𝚊𝚒𝚝 𝚚𝚞𝚎, au 𝚙𝚛𝚎́𝚝𝚎𝚡𝚝𝚎 𝚚𝚞𝚎 𝚕𝚎𝚜 𝚍𝚒𝚛𝚒𝚐𝚎𝚊𝚗𝚝𝚜 𝚊𝚌𝚝𝚞𝚎𝚕𝚜 𝚗𝚎 𝚍𝚒𝚛𝚒𝚐𝚎𝚗𝚝 𝚙𝚊𝚜 𝚋𝚒𝚎𝚗 𝚕'𝙰𝚕𝚐𝚎́𝚛𝚒𝚎, 𝚘𝚗 𝚍𝚘𝚒𝚟𝚎 𝚜𝚘𝚞𝚙𝚒𝚛𝚎𝚛 𝚊𝚙𝚛𝚎̀𝚜 𝚕𝚎𝚜 𝚝𝚎𝚖𝚙𝚜 𝚊𝚗𝚌𝚒𝚎𝚗𝚜 𝚍𝚞 𝚌𝚘𝚕𝚘𝚗𝚒𝚊𝚕𝚒𝚜𝚖𝚎. 𝙲̧𝚊, 𝚌'𝚎𝚜𝚝 𝚗𝚒 𝚙𝚕𝚞𝚜 𝚗𝚒 𝚖𝚘𝚒𝚗𝚜 𝚚𝚞𝚎 𝚕’𝚑𝚊𝚋𝚒𝚝𝚞𝚎𝚕𝚕𝚎 𝚟𝚎𝚞𝚕𝚎𝚛𝚒𝚎 𝚍𝚎𝚜 𝚘𝚙𝚙𝚘𝚛𝚝𝚞𝚗𝚒𝚜𝚝𝚎𝚜 𝚎𝚝 𝚍𝚎𝚜 𝚌𝚘𝚕𝚕𝚊𝚋𝚘𝚛𝚊𝚝𝚎𝚞𝚛𝚜 𝚚𝚞𝚒 𝚘𝚗𝚝 𝚎𝚡𝚒𝚜𝚝𝚎́ 𝚍𝚎 𝚝𝚘𝚞𝚝 𝚝𝚎𝚖𝚙𝚜 𝚎𝚝 𝚙𝚊𝚛𝚝𝚘𝚞𝚝 𝚜𝚞𝚛 𝚗𝚘𝚝𝚛𝚎 𝚙𝚕𝚊𝚗𝚎̀𝚝𝚎. 𝙲𝚎 𝚗'𝚎𝚜𝚝 𝚙𝚊𝚜 𝚙𝚊𝚛𝚌𝚎 𝚚𝚞’𝚞𝚗 𝚙𝚊𝚢𝚜 𝚎𝚜𝚝 𝚖𝚊𝚕 𝚍𝚒𝚛𝚒𝚐𝚎́ 𝚚𝚞'𝚒𝚕 𝚏𝚊𝚞𝚝 𝚛𝚎𝚐𝚛𝚎𝚝𝚝𝚎𝚛 𝚕𝚎𝚜 𝚊𝚖𝚋𝚒𝚝𝚒𝚘𝚗𝚜 𝚎𝚝 𝚕𝚎𝚜 𝚛𝚎̂𝚟𝚎𝚜 𝚍'𝚊𝚟𝚊𝚗𝚝. 𝙻𝚎𝚜 𝚛𝚎̂𝚟𝚎𝚜 𝚖𝚎́𝚛𝚒𝚝𝚎𝚗𝚝 𝚍'𝚎̂𝚝𝚛𝚎 𝚟𝚎́𝚌𝚞𝚜.

𝙍𝙁𝙄 : 𝙾𝚗 𝚟𝚊 𝚜'𝚊𝚛𝚛𝚎̂𝚝𝚎𝚛 𝚜𝚞𝚛 𝚌̧𝚊 : « 𝙻𝚎𝚜 𝚛𝚎̂𝚟𝚎𝚜 𝚖𝚎́𝚛𝚒𝚝𝚎𝚗𝚝 𝚍'𝚎̂𝚝𝚛𝚎 𝚟𝚎́𝚌𝚞𝚜 ». 𝙼𝚎𝚛𝚌𝚒, 𝚖𝚎𝚛𝚌𝚒 𝚎𝚗𝚌𝚘𝚛𝚎...
𝘼𝙣𝙤𝙪𝙖𝙧 𝘽𝙚𝙣𝙢𝙖𝙡𝙚𝙠 : 𝙲'𝚎𝚜𝚝 𝚖𝚘𝚒 𝚚𝚞𝚒 𝚟𝚘𝚞𝚜 𝚛𝚎𝚖𝚎𝚛𝚌𝚒𝚎.

𝑃𝑠: 𝑙𝑎 𝑡𝑟𝑎𝑛𝑠𝑐𝑟𝑖𝑝𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒 𝑙'𝑖𝑛𝑡𝑒𝑟𝑣𝑖𝑒𝑤 𝑎 𝑒́𝑡𝑒́ 𝑚𝑎𝑟𝑔𝑖𝑛𝑎𝑙𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑒́𝑑𝑖𝑡𝑒́𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑓𝑎𝑐𝑖𝑙𝑖𝑡𝑒𝑟 𝑠𝑎 𝑙𝑒𝑐𝑡𝑢𝑟𝑒.



Here is the English translation of the text by an AI. Consequently, contextual inaccuracies or errors in meaning may occur.



Anouar Benmalek: Dreams are Deserving of the Life We Give Them




Transcript of the interview with Anouar Benmalek by Tirthankar Chanda, CHEMINS D'ÉCRITURE, RFI, 21/12/202

RFI: Good day, Anouar Benmalek. We present five questions on the occasion of the release of your novel, Irina, a Russian Opera. First: how did you come to the vocation of writing?

Anouar Benmalek: I was preparing a doctoral thesis in mathematics at the University of Kiev. I spent five years between Kiev, Odessa, Moscow, and Leningrad. Yet, during that same time—owing to the particular fortune or misfortune of falling in love—I discovered that the only way to find favor with a beautiful woman was to compose poetry. Thus, I began by writing poor poems; I then moved on to short stories, and thereafter, as we say in Algeria, once you dip your finger into a jar of honey, you can no longer stop... And so, I turned to the novel. There you have it: I had set out a mathematician and, through romantic opportunism, I returned a mathematician and an apprentice novelist.

RFI: What role did the discovery of Soviet Russia in the 1970s, and that of the great Russian literature, play in your calling as a writer?

Anouar Benmalek: That country is magnificent, extraordinary in every dimension: in its beauty, its vastness, its literature, and also in the sheer scale of the crimes committed to give birth to the "New Soviet Man." Russia exerted a profound influence upon me. I came from a small provincial town, Constantine, and I knew almost nothing of the world. There, I fell headlong into the clamor of Great History, of music, literature, and poetry... Never have I regretted traveling to that land where grandeur could sit side-by-side with horror.

I cherished my time in the USSR immensely, and I learned a great deal from my encounter with the titans of Russian literature: Solzhenitsyn, Pasternak, Pushkin, to name but a few. I believe that what one might call my vocation as a "craftsman-novelist" stems from this bedazzlement before the country’s beauty and its historical darkness. It is something often summarized as the "Russian Soul"—a somewhat facile expression, I admit, for want of a better descriptor.

RFI: Irina, a Russian Opera, published this autumn, is your tenth novel. Why did it take you forty years to revisit this Russian experience?

Anouar Benmalek: In truth, it is a reprise of sorts. My very first novel, Ludmila, or the Slow-Death Violin, was written just upon my return from the Soviet Union; it was, naturally, dedicated to the extraordinary experience I had lived in that country. That novel, with all the flaws of a debut work, enjoyed a public life of only one week. The Soviets filed a formal complaint, and the book was immediately withdrawn from all bookstores in Algeria for a reason that is, in hindsight, quite amusing.

The book had been published by a state-owned publishing house, as there was no private publishing at the time. The Soviets drew alarming "geostrategic" conclusions from it, as was later explained to me by an Algerian ambassador to France, who had been the cultural attaché in Moscow at the time. To the Russians, a book critical of the USSR published in Algiers by a government press—in a country where freedom of expression was merely a facade—could signify only one thing: that official Algeria was initiating a shift in strategic policy at the expense of its lifelong ally, the USSR!

The novice novelist, to whom no one had explained these high-level ruminations, would have been the first to be stunned by the impact of his book...

It then took me forty years to return to it. One of the reasons that convinced me to embark on this novel was serendipity—the natural ally of any writer who respects his craft. Wanting to speak of Russia, I discovered—I, who thought I knew at least part of the history of the Soviet Empire—the extent of what had transpired in Kazakhstan during the period of brutal collectivization ordered by Stalin. Everyone knows of the famine that decimated Ukraine in the 1930s; few know that the one which ravaged Kazakhstan at the same time was even worse, when victims are measured against the total population. Worse to the point that it is only very recently that Kazakhs have once again become the majority in their own country.

I have always sought, in my books, to weave in something that far exceeds the strictly individual framework of my characters' lives. In the case of this novel, making known the tragedy endured by the Kazakh nomads was a powerful motive for writing.

RFI: In this novel, as in your previous works, love occupies a significant place. Explain to us why love is so vital, both as a theme and as a sentiment.

Anouar Benmalek: Firstly, I must say that I remain, at heart, a "blue flower" [romantic] writer, in the sense that I can hardly imagine writing a book without an underlying love story. Why? Because the context of my books is often difficult, sometimes unbearable. To spend three or four years writing a book on subjects that seize one by the throat, there must be something that gives both the writer and his compulsory companion, the reader, the feeling that the adventure of writing and reading is worth pursuing to its conclusion. Only love is sufficiently... how shall I put it? ...sufficiently powerful to breathe into us the strength to face the unbearable.

For me, to endure the description of the horrors of the Stalinist era—and specifically the Great Famine inflicted upon the Kazakhs—I had to introduce the beauty of an extraordinary love; one which, initially, is not at all a "rose-water" romance. At the start of their relationship, Irina even regards Walid somewhat as an "object-man"; for her, absolute love lies elsewhere: in her art, her singing, the opera. Gradually, she begins, almost despite herself, to fall in love with her Algerian lover. Walid, for his part, is immediately "enraptured" (in the sense of a kidnapping!) by this love; he does not know that he will become so enamored that forty years will not suffice to cure him of Irina. It is, therefore, a sort of Slavic Romeo and Juliet, but more unbalanced.

RFI: Your novel does not only concern Russia, but also Algeria, your native land and that of the character Walid. You have regularly denounced the torture and outrages committed in Algeria by security forces. What relationship do you maintain with that country today?

Anouar Benmalek: Algeria is a heartbreak. It is a country that is extremely dear to me. I sometimes tell myself that it does not deserve the fate it currently endures. It fought unsparingly for its freedom, but those who have led it since independence have not lived up to the hopes nurtured during the years of struggle and sacrifice. Yet, nothing was more just or more necessary than that war of liberation.

A certain obscene revisionism suggests that, because the current leaders do not govern Algeria well, one should sigh for the old days of colonialism. That is nothing more or less than the habitual cravenness of opportunists and collaborators who have existed in all times and everywhere on our planet. It is not because a country is poorly governed that one should regret the ambitions and dreams of the past. Dreams are deserving of the life we give them.

RFI: We shall leave it at that: "Dreams are deserving of the life we give them." Thank you, thank you once again...

Anouar Benmalek: It is I who thank you.


P.S. The interview transcript was slightly edited for ease of reading.



Данный текст подготовлен с помощью системы машинного перевода. Возможны фактические ошибки или двусмысленности.



Ануар Бенмалек: «Мечты заслуживают того, чтобы стать явью»




Стенограмма интервью с Ануаром Бенмалеком Тиртанкар Чанда, программа «Пути письма», RFI

RFI: Здравствуйте, Ануар Бенмалек. Мы подготовили для Вас пять вопросов по случаю выхода Вашего романа «Ирина, русская опера». Вопрос первый: как Вы пришли к писательству?

Ануар Бенмалек: В то время я работал над кандидатской диссертацией по математике в Киевском университете. Пять лет моей жизни прошли между Киевом, Одессой, Москвой и Ленинградом. Но по воле судьбы — то ли к счастью, то ли к несчастью — я влюбился и обнаружил, что единственный способ снискать расположение красавицы — это писать стихи. Так я начал с плохих стихов, затем перешел к новеллам, а потом, как говорят у нас в Алжире: стоит лишь окунуть палец в горшок с медом, и ты уже не можешь остановиться… Так я пришел к роману. Вот и вышло: уезжал я математиком, а из-за «любовного оппортунизма» вернулся математиком и начинающим романистом.

RFI: Какую роль в Вашем становлении как писателя сыграло знакомство с Советской Россией 1970-х годов и великой русской литературой?

Ануар Бенмалек: Эта страна грандиозна и необычайна во всех своих проявлениях: в своей красоте, бескрайности, литературе, а также в масштабе преступлений, совершенных ради рождения «нового советского человека». Россия оказала на меня огромное влияние. Я приехал из провинциального городка Константина и почти ничего не знал о мире. Там я с головой окунулся в грохот большой Истории, в музыку, литературу, поэзию… Я никогда не жалел о том, что оказался в этой стране, где величие соседствовало с ужасом.

Мне очень, очень нравилось в СССР, и я бесконечно многому научился, соприкоснувшись с великой русской литературой: Солженицын, Пастернак, Пушкин — и это лишь немногие имена. Полагаю, что то, что можно назвать моим призванием «писателя-ремесленника», родилось из этого ослепления красотой страны и ее историческим мраком. Это то, что часто называют «русской душой» — признаю, определение слишком простое, за неимением лучшего эпитета…

RFI: «Ирина, русская опера», вышедшая этой осенью, — Ваш десятый роман. Почему Вам потребовалось сорок лет, чтобы вернуться к этому русскому опыту?

Ануар Бенмалек: На самом деле, это в некотором роде возвращение к истокам. Мой самый первый роман «Людмила, или Скрипка медленной смерти» был написан сразу по возвращении из Советского Союза и посвящен, разумеется, тому необычайному опыту, который я пережил в этой стране. Тот роман, со всеми изъянами дебюта, прожил в публичном пространстве всего неделю. Из-за жалобы советской стороны книгу немедленно изъяли из всех книжных магазинов Алжира по причине, которая сегодня кажется довольно забавной.

Книга была опубликована государственным издательством, так как частных тогда не существовало. Советские власти усмотрели в ней тревожные «геостратегические» выводы — как объяснил мне позже посол Алжира во Франции, служивший в то время культурным атташе в Москве. Для русских критическая книга об СССР, изданная в Алжире государственным издательством в стране, где свобода слова была лишь фасадом, могла означать только одно: официальный Алжир начинает смену стратегического курса в ущерб своему давнему союзнику, СССР! Начинающий романист, которому никто не объяснял суть этих «высоких раздумий», был бы первым, кто поразился бы резонансу своего труда…

Мне потребовалось сорок лет, чтобы вновь за это взяться. Одной из причин стал случай — естественный союзник любого уважающего себя писателя. Желая написать о России, я — человек, полагавший, что неплохо знает историю советской империи — открыл для себя масштаб трагедии, разыгравшейся в Казахстане в период жестокой сталинской коллективизации. Всем известен голод, обескровивший Украину в тридцатые годы, но мало кто знает, что бедствие, постигшее в то же время Казахстан, было еще страшнее, если соотнести число жертв с численностью населения. Страшнее до такой степени, что лишь совсем недавно казахи вновь стали большинством в собственной стране. В своих книгах я всегда старался затронуть темы, выходящие далеко за рамки частной жизни моих героев. В данном случае желание поведать о трагедии казахских кочевников стало мощным стимулом для творчества.

RFI: В этом романе, как и в предыдущих, любовь занимает центральное место. Объясните нам, почему любовь так важна и как тема, и как чувство?

Ануар Бенмалек: Прежде всего, должен признаться, что в глубине души я остаюсь романтиком, писателем «голубого цветка» — я не мыслю себе книги без истории любви. Почему? Потому что контекст моих произведений зачастую тяжел, порой невыносим. Чтобы провести три или четыре года за описанием тем, которые хватают за горло, необходимо нечто, дающее и писателю, и его невольному спутнику-читателю ощущение, что приключение письма и чтения стоит того, чтобы пройти его до конца. Только любовь обладает достаточной силой… как бы это сказать?.. чтобы вдохнуть мужество противостоять невыносимому.

Чтобы выдержать описание ужасов сталинской эпохи и, в частности, Великого голода в Казахстане, мне нужно было привнести красоту исключительной любви — которая, впрочем, изначально вовсе не является «сентиментальной». В начале отношений Ирина даже воспринимает Валида как некий мужчина-объект; для нее абсолютная любовь находится в другом месте: в ее искусстве, пении, опере. Постепенно, почти вопреки самой себе, она начинает влюбляться в своего алжирского любовника. Валид же немедленно позволяет этой любви похитить себя; он и не подозревает, что страсть окажется столь сильной, что сорока лет не хватит, чтобы исцелиться от Ирины. Это своего рода славянские «Ромео и Джульетта», но в более дисгармоничном изводе.

RFI: В Вашем романе речь идет не только о России, но и об Алжире, Вашей родине и родине героя Валида. Вы регулярно обличали пытки и бесчинства, совершаемые силами безопасности в Алжире. Каковы Ваши отношения с этой страной сегодня?

Ануар Benmalek: Алжир — это незаживающая рана. Эта страна мне бесконечно дорога. Иногда я думаю, что она не заслуживает той участи, которая выпала на ее долю сегодня. Она беззаветно сражалась за свою свободу, но те, кто правил ею с момента обретения независимости, не оправдали надежд, рожденных в годы борьбы и жертв. И все же не было ничего более справедливого и необходимого, чем та освободительная война.

Существует некий кощунственный ревизионизм: под предлогом того, что нынешние лидеры плохо управляют страной, нас призывают вздыхать по старым колониальным временам. Это не что иное, как извечное малодушие оппортунистов и коллаборационистов, которые существовали всегда и везде. Плохое правление в стране — не повод отрекаться от прежних устремлений и мечтаний. Мечты заслуживают того, чтобы стать явью.

RFI: На этом мы и остановимся: «Мечты заслуживают того, чтобы стать явью». Спасибо, еще раз спасибо…

Ануар Бенмалек: Это я благодарю Вас.


P.S. Стенограмма интервью была подвергнута незначительной правке для удобства чтения.


lundi 22 décembre 2025

Irina, un opéra russe: "Puissant et poétique... Dans la plus pure tradition des grands romans russes", RFI, 21 décembre 2025



Le roman russe de l’Algérien Anouar Benmalek

ᴘᴀʀ Tɪʀᴛʜᴀɴᴋᴀʀ Cʜᴀɴᴅᴀ, Publié le : 21/12/2

CHEMINS D'ÉCRITURE, RFI

Avec son nouveau roman, Irina, un opéra russe, paru cet automne, le Franco-Algérien Anouar Benmalek poursuit son exploration de romance et d’effusions sentimentales en temps de répressions et de violences politiques. Dans la plus pure tradition des grands romans russes, l’écrivain raconte dans cet opus l’épanouissement d’un amour passionnel dans l’ancienne Union soviétique des années 1980, sur fond des révélations sur les ténèbres staliniennes. Puissant et poétique.




Leningrad 1981. « Sais-tu à quelle condition j'accepterais d'endurer l'éternité du paradis ? Seulement, si, par extraordinaire, Dieu avait la somptueuse idée d'y construire, non loin de la grande bibliothèque de l'Arbre de la Connaissance, un opéra tout plein de dorures avec au programme les artistes lyriques les plus doués depuis Ève. La première prima donna. »
Irina ajouta à voix plus basse, avec un sourire de convoitise : « Et mieux encore, si le maître des lieux poussait l'indulgence jusqu'à porter mon nom sur l'affiche et à m'autoriser à répéter autant de fois que je souhaite afin d'accéder à la splendeur de la voix absolue... »

Ainsi s’ouvre Irina, un opéra russe, le nouveau roman du Franco-Algérien Anouar Benmalek. C’est un récit d’une grande intelligence narrative, de près de 500 pages où se mêlent romance intime et fresques historiques, sexe, musique et violences, sur fond de quête de bonheur perdu.

Auteur de nombreux romans, Anouar Benmalek nous a habitués à sa plume tragique qui explore la vérité de l’humain au cœur des violences de l’histoire, à travers sa fiction campée. Tantôt chez les Aborigènes en Tasmanie victimes de génocide (L’enfant du peuple ancien, 2000), ou dans les camps des réfugiés palestiniens pendant la guerre civile libanaise (L’amour loup, 2002), mais aussi chez les Hereros décimés par la colonisation allemande (Fils du Shéol, 2015) ou encore au sein de la communauté morisque dans l’Andalousie médiévale (O Maria, 2006).

Irina, opéra russe, son nouveau roman ne déroge pas à la règle. Il nous plonge dans les tragédies de l’histoire russe postrévolutionnaire, dans ses fracas et ses tumultes, ce qui n’exclut pas l’admiration pour la civilisation russe millénaire, comme le dit si bien Anouar Benmalek : « Ce pays est grandiose, extraordinaire par tous les aspects, par sa beauté, son immensité, sa littérature et aussi par l'étendue des crimes qui ont pu être commis pour faire naître l'homme soviétique nouveau. La Russie a eu beaucoup d’influence sur moi. Je crois que ce qu'on pourrait appeler ma vocation d'artisan romancier vient de cet éblouissement que m'a fait la grandeur de ce pays. Grandeur en tout, c'est quelque chose qu'on résume assez facilement par l'âme russe, chose qui est un vocable un peu trop facile, mais il y a quand même un peu de ça. »


Les années russes
L’écrivain aime revenir sur ses années russes et raconter comment son séjour entre Odessa, Kiev, Moscou et Léningrad dans une Union soviétique qui n’avait pas encore dit son dernier mot, a profondément marqué son imaginaire. C’est en 1978 qu’il a quitté l’Algérie, son pays natal, et a débarqué dans l’ancienne Union soviétique, avec une bourse du gouvernement hôte en poche pour préparer un doctorat en mathématiques.

Anouar Benmalek : « Je venais d’une petite ville provinciale que j’aime beaucoup, Constantine. Je ne connaissais quasiment rien au monde. Et là-bas, je tombe dans le fracas de l’histoire et de la culture, et de la musique, et de la littérature et de la poésie. Quand on m’a donné la bourse pour l’URSS, je me rappelle, on était deux à l’avoir. On ne savait pas à l’époque s’il fallait pleurer ou en être content. Mon collègue, lui, a refusé d’y aller, mais moi j’y suis allé parce que je n’avais pas assez de piston pour partir ailleurs. Mais a posteriori, je n’ai jamais regretté d'y être allé. J’ai beaucoup beaucoup aimé être en URSS. »

 

Irina, un opéra russe
Le roman s’inspire de l’expérience russe de l’auteur. L’étudiant étranger s’appelle dans ces pages Walid, principal protagoniste de l’histoire. Il est le double de l’auteur à la fois par ses origines et par sa sensibilité. Lui aussi étudiant, il prépare une thèse, à la différence près que ses recherches ne portent pas sur les mathématiques, mais sur l’histoire et plus précisément sur l’expédition en Égypte de Napoléon.

Amoureux de l’histoire mais aussi de l’art occidental, Walid profite de son séjour en Russie pour visiter les musées et les monuments. Un matin, en faisant la queue à l’entrée du musée de l’Ermitage, son chemin croise celui de la belle Irina Rostova, par le plus romanesque des hasards. C’est le début d’une histoire d’amour passionnelle entre la talentueuse soprano qui ambitionne de faire carrière dans l’opéra lyrique et le bel Algérien. Le roman est bâti autour de leur amour-passion qui survivra à leur séparation lorsqu’à la fin de ses études, Walid est contraint de quitter la Russie. Au terme de 40 années d’absence, il revient fouler la terre russe dans l’espoir de retrouver son Irina.

Brutalités et rédemption
Construite comme un opéra avec une ouverture et un final dramatique, le récit ici se partage entre passion, tragédie et drames historiques. La dimension historique est incarnée par un certain Vladimir, le grand-père tendrement admiré d’Irina. C’est lui qui a donné à sa petite-fille le goût pour la musique, mais se révèle avoir été un bourreau pendant les années sombres de la dictature stalinienne. C’est un tournant dans la vie d’Irina, sa découverte du rôle terrible et cynique joué par son grand-père dans les années 1930 au Kazakhstan, où il fut le bras armé du dictateur et fit régner famines, répressions et moult brutalités sur le peuple kazakh. À partir de ce moment, elle va abandonner sa carrière qui s’annonçait radieuse pour essayer de racheter les crimes de son aïeul.

Les 40 années d’éloignement n’ont pas été un long fleuve tranquille pour Walid, non plus. Prisonnier d’un mariage de raison, victime lui aussi des épreuves de l’histoire lorsque l’Algérie s’enflamme dans les années 1980 et dérive vers la guerre civile sous les coups de boutoir des islamistes, l’Algérien vit dans le ressassement de ses souvenirs d’un Éden perdu. Pourra-t-il regagner l’Éden, reconquérir son Ève et colmater les brèches créées par l’éloignement et la séparation : telles sont les questions auxquelles répond le final explosif du roman, dans le plus pur style des pièces d’opéra.

Avec Irina, un opéra russe, le Franco-Algérien Anouar Benmalek signe un grand roman des temps modernes, puissant et poétique, dans les pages duquel le réalisme social se mêle au merveilleux du quotidien, dans la veine de la tradition des Tolstoï, Pouchekine, Boulgakov et autres grands romanciers russes.


Irina, un opéra russe, par Anouar Benmalek. Editions Emmanuelle Collas, 475 pages, 22,90 euros.


Here is the English translation of the text by an AI. Consequently, contextual inaccuracies or errors in meaning may occur.


The Russian Novel of Algerian Author Anouar Benmalek

BY Tirthankar Chanda, Published on: 21/12/21 CHEMINS D'ÉCRITURE, RFI

With his new novel, Irina, un opéra russe (Irina, a Russian Opera), published this autumn, Franco-Algerian author Anouar Benmalek continues his exploration of romance and sentimental outpourings amidst times of repression and political violence. In the purest tradition of the great Russian novels, the writer recounts the blossoming of a passionate love in the Soviet Union of the 1980s, set against the backdrop of revelations regarding the darkness of the Stalinist era. Powerful and poetic.

Leningrad, 1981. "Do you know on what condition I would agree to endure the eternity of paradise? Only if, by some extraordinary chance, God had the magnificent idea of building—not far from the Great Library of the Tree of Knowledge—an opera house dripping in gold, featuring the most gifted lyric artists since Eve. The first prima donna." Irina added in a lower voice, with a covetous smile: "And even better, if the Master of the house was indulgent enough to put my name on the poster and allow me to rehearse as many times as I wish to achieve the splendor of the absolute voice..."

So begins Irina, un opéra russe, the new novel by Franco-Algerian author Anouar Benmalek. It is a narrative of great narrative intelligence, spanning nearly 500 pages, where intimate romance mingles with historical frescoes, sex, music, and violence, all set against a quest for lost happiness.

The author of numerous novels, Anouar Benmalek has accustomed us to a tragic pen that explores human truth at the heart of historical violence through his grounded fiction. This has taken place among Tasmanian Aborigines victims of genocide (L’enfant du peuple ancien, 2000), in Palestinian refugee camps during the Lebanese Civil War (L’amour loup, 2002), among the Hereros decimated by German colonization (Fils du Shéol, 2015), or within the Morisco community in medieval Andalusia (O Maria, 2006).

Irina, un opéra russe, his latest novel, is no exception to the rule. It plunges us into the tragedies of post-revolutionary Russian history, its clashes and upheavals, which does not exclude an admiration for a thousand-year-old Russian civilization. As Anouar Benmalek aptly puts it: "This country is grandiose, extraordinary in every aspect—its beauty, its immensity, its literature, and also the extent of the crimes that were committed to give birth to the 'New Soviet Man.' Russia had a great influence on me. I believe that what one might call my vocation as a 'novelist-craftsman' comes from the dazzle that the greatness of this country cast upon me. Greatness in everything—something easily summarized by the 'Russian soul,' a term that is perhaps a bit too convenient, but there is still some truth to it."

The Russian Years

The writer enjoys looking back on his Russian years, recounting how his stay between Odessa, Kyiv, Moscow, and Leningrad—in a Soviet Union that had not yet spoken its final word—profoundly marked his imagination. It was in 1978 that he left Algeria, his native country, and landed in the former Soviet Union with a host government scholarship in hand to prepare a doctorate in mathematics.

Anouar Benmalek: "I came from a small provincial town that I love dearly, Constantine. I knew almost nothing of the world. And there, I fell into the clash of history, culture, music, literature, and poetry. When I was given the scholarship for the USSR, I remember there were two of us who received it. At the time, we didn't know whether to cry or be happy about it. My colleague refused to go, but I went because I didn't have enough 'pull' to go elsewhere. But in hindsight, I have never regretted going. I very, very much loved being in the USSR."

Irina, a Russian Opera

The novel is inspired by the author’s Russian experience. The foreign student in these pages is named Walid, the story's main protagonist. He is the author’s double, both in his origins and his sensibility. He, too, is a student preparing a thesis, with the slight difference that his research is not in mathematics but in history—specifically, Napoleon’s expedition to Egypt.

A lover of history but also of Western art, Walid takes advantage of his stay in Russia to visit museums and monuments. One morning, while queuing at the entrance to the Hermitage Museum, his path crosses that of the beautiful Irina Rostova by the most romantic of chances. It is the beginning of a passionate love story between the talented soprano, who aspires to a career in lyric opera, and the handsome Algerian. The novel is built around their "amour-passion" which survives their separation when, at the end of his studies, Walid is forced to leave Russia. After 40 years of absence, he returns to Russian soil in the hope of finding his Irina.

Brutalities and Redemption

Constructed like an opera with an overture and a dramatic finale, the narrative here is divided between passion, tragedy, and historical drama. The historical dimension is embodied by a certain Vladimir, Irina's tenderly admired grandfather. It was he who gave his granddaughter a taste for music, yet he is revealed to have been an executioner during the dark years of Stalin's dictatorship. This is a turning point in Irina’s life: her discovery of the terrible and cynical role played by her grandfather in the 1930s in Kazakhstan, where he was the dictator’s iron fist, overseeing famines, repressions, and countless brutalities against the Kazakh people. From that moment on, she abandons her promising career to try and redeem her ancestor's crimes.

The 40 years of separation were not a smooth journey for Walid either. Trapped in a marriage of convenience and himself a victim of historical trials—as Algeria went up in flames in the 1980s and drifted toward civil war under the onslaught of Islamists—the Algerian lives in a constant rumination of his memories of a lost Eden. Can he regain Eden, win back his Eve, and mend the rifts created by distance and time? These are the questions answered by the novel’s explosive finale, in the purest style of operatic works.

With Irina, un opéra russe, Franco-Algerian Anouar Benmalek delivers a great modern novel, powerful and poetic, in which social realism blends with the "marvelous" of everyday life, in the tradition of Tolstoy, Pushkin, Bulgakov, and other great Russian novelists.

Irina, un opéra russe, by Anouar Benmalek. Editions Emmanuelle Collas, 475 pages, 22.90 euros.



Данный текст подготовлен с помощью системы машинного перевода. Возможны фактические ошибки или двусмысленности.


Русский роман алжирца Ануара Бенмалека

Автор: Тиртханкар Чанда | Опубликовано: 21.12.2021 Программа «Пути письма», RFI

В своем новом романе «Ирина, русская опера», вышедшем этой осенью, франко-алжирский писатель Ануар Бенмалек продолжает исследование человеческих чувств и любовных порывов на фоне политических репрессий и насилия. Верный традициям великой русской литературы, автор повествует о расцвете страстной любви в Советском Союзе 1980-х годов, разворачивающейся в тени открывающихся истин о мраке сталинской эпохи. Мощное и поэтичное полотно.


Ленинград, 1981 год. «Знаешь, на каком условии я бы согласилась терпеть вечность в раю? Только если бы Богу пришла в голову великолепная идея построить там, неподалеку от великой библиотеки Древа Познания, богато украшенный позолотой оперный театр, в программе которого значились бы имена самых одаренных певцов со времен Евы. Первой примадонны».

Ирина добавила тише, с мечтательной улыбкой: «А еще лучше, если бы Хозяин тех мест проявил снисхождение и позволил напечатать мое имя на афише, разрешив репетировать столько, сколько я пожелаю, чтобы достичь великолепия абсолютного голоса...»

Так открывается «Ирина, русская опера» — новый роман Ануара Бенмалека. Это повествование исключительного нарративного мастерства объемом почти в 500 страниц, где личная драма переплетается с историческими фресками, чувственность — с музыкой и насилием, и всё это на фоне поисков утраченного счастья.

Ануар Бенмалек, автор многочисленных произведений, приучил читателя к своему трагическому стилю, исследующему человеческую сущность в горниле исторических катаклизмов. Он переносил нас к аборигенам Тасмании, ставшим жертвами геноцида («Дитя древнего народа», 2000), в лагеря палестинских беженцев времен гражданской войны в Ливане («Волчья любовь», 2002), к народу гереро, истребленному немецкими колонизаторами («Сын Шеола», 2015), и в общины морисков средневековой Андалусии («О, Мария», 2006).

«Ирина, русская опера» не стала исключением. Роман погружает нас в трагедии послереволюционной российской истории, в её грохот и смятение, что, однако, не исключает восхищения тысячелетней русской цивилизацией. Как говорит сам автор: «Эта страна грандиозна и необычайна во всех своих проявлениях: в красоте, в бескрайности, в литературе, а также в масштабах преступлений, совершенных ради рождения «нового советского человека». Россия оказала на меня огромное влияние. Я верю, что мое призвание как писателя-ремесленника берет начало в том ослеплении, которое вызвано величием этой страны. Величием во всем — это то, что часто упрощенно называют «русской душой». Термин слишком расхожий, но в нем есть доля истины».

Русские годы

Писатель любит вспоминать годы, проведенные в Одессе, Киеве, Москве и Ленинграде — в Советском Союзе, который тогда еще не сказал своего последнего слова. Этот опыт глубоко запечатлелся в его воображении. В 1978 году он покинул родной Алжир и прибыл в СССР, получив государственную стипендию для подготовки кандидатской диссертации по математике.

Ануар Бенмалек вспоминает: «Я приехал из маленького провинциального города, который очень люблю — из Константины. Я почти ничего не знал о мире. И там я внезапно оказался в самом эпицентре истории, культуры, музыки, литературы и поэзии. Помню, когда мне дали стипендию в СССР, нас было двое. Мы тогда не знали, плакать нам или радоваться. Мой коллега отказался ехать, но я поехал — у меня просто не было связей, чтобы устроиться в другом месте. Но впоследствии я ни разу не пожалел об этом. Мне очень, очень нравилось жить в Союзе».

«Ирина, русская опера»

Роман вдохновлен личным опытом автора. Иностранного студента на страницах книги зовут Валид — это главный герой и двойник автора, разделяющий его происхождение и мировосприятие. Он тоже пишет диссертацию, но объектом его исследований является не математика, а история, точнее — Египетский поход Наполеона.

Влюбленный в историю и западное искусство, Валид использует пребывание в России для посещения музеев и памятников. Однажды утром в очереди в Эрмитаж он по воле случая встречает прекрасную Ирину Ростову. Так начинается страстный роман между талантливой сопрано, мечтающей об оперной карьере, и красивым алжирцем. Сюжет выстроен вокруг их любви-страсти, которая выдержит испытание разлукой, когда по окончании учебы Валид будет вынужден покинуть страну. Спустя сорок лет он вновь ступит на российскую землю в надежде отыскать свою Ирину.

Жестокость и искупление

Построенное по законам оперы — с увертюрой и драматическим финалом — повествование разрывается между страстью, трагедией и исторической драмой. Историческое измерение воплощено в образе Владимира, деда Ирины, которым она нежно восхищалась. Именно он привил внучке вкус к музыке, но позже выясняется, что в мрачные годы сталинской диктатуры он был палачом. Открытие ужасающей и циничной роли деда в событиях 1930-х годов в Казахстане, где он был «карающей десницей» диктатора и насаждал голод и репрессии, становится поворотным моментом для Ирины. Она оставляет свою блестящую карьеру, пытаясь искупить преступления предка.

Для Валида эти сорок лет разлуки тоже не были спокойными. Пленник брака по расчету, свидетель гражданской войны в Алжире 1980-х годов, терзаемом исламистами, он живет лишь воспоминаниями об утраченном Эдеме. Сможет ли он вернуть свой потерянный рай, вновь обрести свою Еву и залечить раны, нанесенные временем и расстоянием? Ответы дает взрывной финал романа, написанный в лучших традициях оперного искусства.

В романе «Ирина, русская опера» Ануар Бенмалек создал мощное и поэтичное полотно современности, где социальный реализм переплетается с повседневным чудом в духе традиций Толстого, Пушкина и Булгакова.