Voici une synthèse détaillée (réalisée par une IA) de la rencontre littéraire avec l'écrivain Anouar Benmalek autour de son roman Irina, un opéra russe, publié aux éditions Emmanuelle Collas.
Un projet de 40 ans : Anouar Benmalek explique que ce livre est sa deuxième tentative d'écrire sur la Russie [03:09]. Son tout premier roman, Ludmila, écrit après ses études de mathématiques en URSS (Kiev, Odessa, Leningrad), avait été censuré en Algérie sous la pression de l'ambassade soviétique après seulement dix jours en librairie [03:49].
L'attraction pour un pays "merveilleux et cruel" : L'auteur cite la fille de Staline pour décrire la Russie comme un pays continent qui l'a toujours fasciné par son mélange de beauté infinie et de brutalité historique [04:38].
2. Structure et Thématiques du Récit
L'Opéra comme structure : Le roman est construit comme un opéra, avec ses arias, ses chœurs tragiques et ses silences [02:36]. L'opéra symbolise un art artificiel capable de faire surgir une vérité profonde [09:36].
L'équilibre entre amour et tragédie : Le récit alterne entre la mémoire intime (une histoire d'amour à Leningrad dans les années 70) et la mémoire collective (la face sombre de l'histoire soviétique) [02:30]. Pour l'auteur, l'amour est nécessaire pour supporter l'écriture des moments les plus sombres de l'histoire [14:04].
La famine au Kazakhstan : Un point central du livre est la découverte de la "grande famine" (la Asharshalyk) déclenchée par Staline au Kazakhstan dans les années 30, un événement historique souvent passé sous silence contrairement à l'Holodomor ukrainien [06:58].
3. Les Personnages
Walid : Étudiant algérien en histoire (miroir partiel de l'auteur qui était mathématicien), il porte une mémoire blessée et découvre la complexité de l'âme russe [20:05].
Irina : Personnage de chair et de sang, elle incarne la passion pour la musique et l'héroïsme ordinaire face à la dureté du régime [30:17].
Vladimir (le grand-père) : Personnage complexe, à la fois bourreau (participant à la famine) et grand-père aimant. L'auteur explore à travers lui la "bureaucratie de la catastrophe" où la dilution des responsabilités conduit à l'horreur [28:10].
4. Réflexions sur l'écriture et l'histoire
Le rôle du rêve : Anouar Benmalek confie qu'un cauchemar a débloqué la structure du livre, lui donnant l'idée des retours dans le temps et de la question : "Et si on pouvait changer le passé ?" [36:53].
L'influence des grands auteurs : Il revendique l'ombre des géants comme Tolstoï, Pouchkine, Boulgakov ou Garcia Márquez [40:12]. Il cite également le poète Nicolas Oleïnikov, fusillé par Staline, pour sa capacité à être "tendrement sarcastique" face à la mort [33:17].
Le contexte actuel : L'écriture a commencé en 2021, avant l'invasion de l'Ukraine. L'auteur a choisi de terminer son récit à la veille de l'invasion pour ne trahir ni son amour pour la Russie, ni celui pour l'Ukraine (où il a vécu) [18:01].
5. Recommandations Littéraires de l'auteur
Livre méconnu : Il recommande vivement Une journée plus longue qu'un siècle de Tchingiz Aïtmatov, un chef-d'œuvre kirghize qui mêle mythes, cruauté soviétique et même science-fiction [01:21:40].
Personnage de fiction : S'il devait changer de place avec un personnage, il choisirait Jean Valjean (Les Misérables de Victor Hugo), pour son humanité et la bascule de son destin [01:27:00].
Extraits lus durant l'interview :
La rencontre à l'Ermitage (1978) : Walid rencontre Irina dans la file d'attente du musée, où elle se fait passer pour sa femme pour griller la queue [53:22].
La confrontation sur la mémoire : Un passage poignant sur la responsabilité historique et le refus d'oublier les crimes commis au Kazakhstan [01:29:25].

