dimanche 21 septembre 2025

𝑽𝑳𝑬𝑬𝑳 399 𝑹𝒆𝒏𝒄𝒐𝒏𝒕𝒓𝒆 𝒍𝒊𝒕𝒕𝒆́𝒓𝒂𝒊𝒓𝒆 𝒂𝒗𝒆𝒄 𝑨𝒏𝒐𝒖𝒂𝒓 𝑩𝒆𝒏𝒎𝒂𝒍𝒆𝒌 𝒂𝒖𝒕𝒐𝒖𝒓 𝒅𝒆 𝒔𝒐𝒏 𝒓𝒐𝒎𝒂𝒏 "𝑰𝒓𝒊𝒏𝒂, 𝒖𝒏 𝒐𝒑𝒆́𝒓𝒂 𝒓𝒖𝒔𝒔𝒆" 𝒂𝒖𝒙 𝑬́𝒅𝒊𝒕𝒊𝒐𝒏𝒔 𝑬𝒎𝒎𝒂𝒏𝒖𝒆𝒍𝒍𝒆 𝑪𝒐𝒍𝒍𝒂𝒔

"𝑳𝒆 𝒓𝒐𝒎𝒂𝒏𝒄𝒊𝒆𝒓 𝒇𝒓𝒂𝒏𝒄𝒐-𝒂𝒍𝒈𝒆́𝒓𝒊𝒆𝒏 𝑨𝒏𝒐𝒖𝒂𝒓 𝑩𝒆𝒏𝒎𝒂𝒍𝒆𝒌 𝒆𝒔𝒕 𝒄𝒐𝒏𝒔𝒊𝒅𝒆́𝒓𝒆́ 𝒄𝒐𝒎𝒎𝒆 « 𝒍’𝒆́𝒄𝒓𝒊𝒗𝒂𝒊𝒏 𝒂𝒍𝒈𝒆́𝒓𝒊𝒆𝒏 𝒍𝒆 𝒑𝒍𝒖𝒔 𝒕𝒂𝒍𝒆𝒏𝒕𝒖𝒆𝒖𝒙 𝒅𝒆𝒑𝒖𝒊𝒔 𝑲𝒂𝒕𝒆𝒃 𝒀𝒂𝒄𝒊𝒏𝒆 » 𝒐𝒖 𝒒𝒖𝒂𝒍𝒊𝒇𝒊𝒆́ 𝒅𝒆 « 𝑭𝒂𝒖𝒍𝒌𝒏𝒆𝒓 𝒎𝒆́𝒅𝒊𝒕𝒆𝒓𝒓𝒂𝒏𝒆́𝒆𝒏 »." (VLEEL,10 sept. 2025)

📖 LE LIVRE
Date de parution : 22 Aout 2025, 484 pages

Leningrad, 1978. Irina, soprano aux rêves de grandeur, aborde Walid, étudiant algérien parti sur les traces de Napoléon en Russie, devant l’entrée du musée de l’Ermitage. Elle sollicite son aide pour atteindre sans faire la queue la « petite salle italienne », où se trouve un étrange tableau du Caravage. Puis elle disparaît. Il se prend alors d’une passion pour l’opéra russe en espérant retrouver la belle inconnue.
Commence une longue histoire d’amour qui survivra à l’absence pendant quarante années de Walid, contraint de quitter le pays précipitamment, jusqu’à ce qu’il revienne à Saint-Pétersbourg en février 2022 dans le but de retrouver Irina.
Poursuivant son exploration romanesque des tragédies du XXe siècle, Anouar Benmalek nous embarque, à travers le destin de Vladimir, le grand-père d’Irina, dans la sombre histoire de l’URSS au Kazakhstan dans les années 1930. Au sommet de son art, il use d’un imaginaire exceptionnel et d’une langue puissante pour écrire ces vies qui disent la splendeur et la misère de la grande Russie. Un texte ô combien d’actualité.
Auteur de nombreux romans, dont "Le Rapt", "Ô Maria", "Fils du Shéol "et "’Amour au temps des scélérats", Grand Prix SGDL 2022 de fiction, traduit dans une dizaine de langues, le romancier franco-algérien Anouar Benmalek a été ainsi l’un des fondateurs du Comité algérien contre la torture. Enseignant-chercheur dans une université parisienne, parlant le russe, il a passé cinq ans dans l’ancienne URSS entre Kiev, Odessa, Moscou et Leningrad à préparer une thèse de doctorat en mathématiques.


📖 L’AUTEUR
Crédit Photo © Francesco Gattoni


Mathématicien, auteur d’une quinzaine de livres dont Les amants désunis, L’enfant du peuple ancien ou Fils du Shéol, plusieurs fois primé, traduit alors dans une dizaine de langues, le romancier franco-algérien Anouar Benmalek est considéré comme « l’écrivain algérien le plus talentueux depuis Kateb Yacine » ou de « Faulkner méditerranéen ». L’un des fondateurs du Comité algérien contre la torture, alors que ses romans ont souvent été violemment attaqués dans le monde arabe par l’islamisme intégriste. Anouar Benmalek a ainsi reçu le Grand prix SGDL 2022 de fiction pour "L’Amour au temps des scélérats" (Emmanuelle Collas, 2021). "Irina, un opéra russe" est alors son dernier roman.


Résumé de l'entretien:

Voici une synthèse détaillée (réalisée par une IA) de la rencontre littéraire avec l'écrivain Anouar Benmalek autour de son roman Irina, un opéra russe, publié aux éditions Emmanuelle Collas.

1. La Genèse du roman et le lien avec la Russie

Un projet de 40 ans : Anouar Benmalek explique que ce livre est sa deuxième tentative d'écrire sur la Russie [03:09]. Son tout premier roman, Ludmila, écrit après ses études de mathématiques en URSS (Kiev, Odessa, Leningrad), avait été censuré en Algérie sous la pression de l'ambassade soviétique après seulement dix jours en librairie [03:49].

L'attraction pour un pays "merveilleux et cruel" : L'auteur cite la fille de Staline pour décrire la Russie comme un pays continent qui l'a toujours fasciné par son mélange de beauté infinie et de brutalité historique [04:38].

2. Structure et Thématiques du Récit

L'Opéra comme structure : Le roman est construit comme un opéra, avec ses arias, ses chœurs tragiques et ses silences [02:36]. L'opéra symbolise un art artificiel capable de faire surgir une vérité profonde [09:36].

L'équilibre entre amour et tragédie : Le récit alterne entre la mémoire intime (une histoire d'amour à Leningrad dans les années 70) et la mémoire collective (la face sombre de l'histoire soviétique) [02:30]. Pour l'auteur, l'amour est nécessaire pour supporter l'écriture des moments les plus sombres de l'histoire [14:04].

La famine au Kazakhstan : Un point central du livre est la découverte de la "grande famine" (la Asharshalyk) déclenchée par Staline au Kazakhstan dans les années 30, un événement historique souvent passé sous silence contrairement à l'Holodomor ukrainien [06:58].

3. Les Personnages

Walid : Étudiant algérien en histoire (miroir partiel de l'auteur qui était mathématicien), il porte une mémoire blessée et découvre la complexité de l'âme russe [20:05].

Irina : Personnage de chair et de sang, elle incarne la passion pour la musique et l'héroïsme ordinaire face à la dureté du régime [30:17].

Vladimir (le grand-père) : Personnage complexe, à la fois bourreau (participant à la famine) et grand-père aimant. L'auteur explore à travers lui la "bureaucratie de la catastrophe" où la dilution des responsabilités conduit à l'horreur [28:10].


4. Réflexions sur l'écriture et l'histoire

Le rôle du rêve : Anouar Benmalek confie qu'un cauchemar a débloqué la structure du livre, lui donnant l'idée des retours dans le temps et de la question : "Et si on pouvait changer le passé ?" [36:53].

L'influence des grands auteurs : Il revendique l'ombre des géants comme Tolstoï, Pouchkine, Boulgakov ou Garcia Márquez [40:12]. Il cite également le poète Nicolas Oleïnikov, fusillé par Staline, pour sa capacité à être "tendrement sarcastique" face à la mort [33:17].

Le contexte actuel : L'écriture a commencé en 2021, avant l'invasion de l'Ukraine. L'auteur a choisi de terminer son récit à la veille de l'invasion pour ne trahir ni son amour pour la Russie, ni celui pour l'Ukraine (où il a vécu) [18:01].
5. Recommandations Littéraires de l'auteur

Livre méconnu : Il recommande vivement Une journée plus longue qu'un siècle de Tchingiz Aïtmatov, un chef-d'œuvre kirghize qui mêle mythes, cruauté soviétique et même science-fiction [01:21:40].

Personnage de fiction : S'il devait changer de place avec un personnage, il choisirait Jean Valjean (Les Misérables de Victor Hugo), pour son humanité et la bascule de son destin [01:27:00].

Extraits lus durant l'interview :

La rencontre à l'Ermitage (1978) : Walid rencontre Irina dans la file d'attente du musée, où elle se fait passer pour sa femme pour griller la queue [53:22].


La confrontation sur la mémoire : Un passage poignant sur la responsabilité historique et le refus d'oublier les crimes commis au Kazakhstan [01:29:25].

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